
Messahel avec Kobler«Plus de 26 millions d'armes circulent en Libye.»Le représentant spécial du secrétaire général de l'ONU pour la Libye, Martin Kobler a insisté hier à Alger sur la nécessité de garder l'architecture de l'accord politique inter-libyen signé en décembre 2015 au Maroc, malgré l'ambiguïté de certains de ses articles. «Ne pas surcharger l'agenda du gouvernement, préserver le dialogue inclusif et la non-interférence» sont d'autres principes primordiaux, cités. Actuellement, a-t-il révélé, «26 millions d'unités d'armes circulent en Libye», un pays qui continue, toutefois d'être inondé par les armes de guerre malgré l'embargo. «Huit mois après la signature de l'accord politique pour la paix en Libye des développements encourageants ont été enregistrés», a souligné M Kobler lors de sa conférence sur les perspectives du règlement de la crise libyenne. Dans ce contexte, «une réunion se tiendra aujourd'hui et demain à Tunis avec les membres du dialogue politique libyen sous l'égide de l'ONU».«L'objectif est d'avancer dans la mise en oeuvre de l'accord inter-libyen signé en décembre 2015 au Maroc afin de sortir le pays du chaos dans lequel il est plongé à la suite de la chute du régime de Mouammar Kadhafi en 2011», a-t-il indiqué. «Des progrès ont été enregistrés sur le plan politique, particulièrement le début de la restauration de l'autorité de l' Etat dans un pays fragilisé par le chaos». Il s'agit de l'installation du gouvernement d'union nationale en avril dernier à Tripoli, sur la décision assez courageuse des 17 membres du Conseil présidentiel du gouvernement libyen de consensus car la situation sécuritaire n'était pas optimale à cette époque» a-t-il noté. Il s'est félicité également «du retour signé par deux membres dudit Conseil, issus de la partie Est du pays qui ont suspendu leurs activités». Cependant, dit-il, «le pays reste divisé en raison de l'opposition d'une autorité politique rivale basée dans l'Est». Il a en outre rappelé la fusion entre la Compagnie nationale de pétrole (NOC) et sa rivale basée dans l'Est libyen, et les deux banques centrales, mettant fin à deux ans de division au sein de ces institutions qui gèrent la principale source de revenus du pays. Il a aussi souligné le blocage persistant au sein de la chambre des représentants qui a refusé encore une autre fois d'accorder sa confiance à la liste gouvernementale présentée. Pour tenter de débloquer la situation, «le Conseil présidentiel doit présenter prochainement une autre liste gouvernementale», indique-t-il.La tâche politique «primordiale» qui s'impose au Conseil présidentiel est de convaincre les membres de la chambre des représentants à valider la liste du gouvernement d'union nationale, explique-t-il. L'émissaire de l'ONU pour la Libye, souhaite notamment une armée unifiée dans le pays.«Une armée unifiée est un défi structurel que doit relever le Conseil présidentiel avec l'aide de la communauté internationale.»La chose la plus importante demeure la piste sécuritaire: «Les Libyens demandent à la communauté internationale assistance pour rétablir la sécurité, une question vitale et primordiale à leurs yeux», a estimé M Kobler. Il a reconnu que la piste sécuritaire a été un peu négligée. Néanmoins, «une fois tous les deux mois se tient une réunion regroupant des chefs de milices, des généraux, des colonels de l'armée pour discuter autour de la structure unitaire de l' armée qui s'occupera de l'opération de désarmement sous le commandement suprême du Conseil présidentiel», a-t-il fait savoir. Etant donné que la partie Est ne reconnaît pas l'autorité du Conseil présidentiel, nous travaillons, dès lors avec nos partenaires de la communauté internationale pour parvenir à une structure unitaire avec un commandements conjoint Est-Ouest».Le chef de la Manul a noté «le rétrécissement considérable des territoires contrôlés par Daesh à Syrte suite aux offensives menées par les forces du gouvernement libyen d'union nationale (GNA), assisté par des frappes aériennes américaines à la demande du GNA». Sur un autre plan, il dira qu'après la chute d'El Gueddafi, un nouveau contrat social doit être adopté en Libye.La piste économique doit être également prise très au sérieux par le GNA car la production pétrolière, source unique de revenus en Libye, est passée de 1,6 million de baril sous El Gueddafi à seulement 207.000 barils produits en offshore.De plus, 93% du budget proviennent des recettes pétrolières, dont 83% sont affectés aux subventions et aux salaires. La Libye a enregistré un déficit budgétaire de 75% du PIB et une baisse de 70% des réserves de changes estimées à 40 milliards de dollars. La crise des migrants, le problème de déplacés internes au nombre de 175.000 personnes et la crise humanitaire, sont d'autres drames vécus en Libye où 60% des hôpitaux, des écoles sont délabrés et non-opérationnels, a-t-il indiqué.
-
Votre commentaire
Votre commentaire s'affichera sur cette page après validation par l'administrateur.
Ceci n'est en aucun cas un formulaire à l'adresse du sujet évoqué,
mais juste un espace d'opinion et d'échange d'idées dans le respect.
Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Mohamed BOUFATAH
Source : www.lexpressiondz.com