Passer le cap de changement du mode de gouvernance marquera la phase de la création de la «nouvelle Algérie», a estimé, hier mercredi, Ali Mebroukine, professeur en droit des affaires.Massiva Zehraoui - Alger (Le Soir) - Se disant convaincu de la «volonté» du pouvoir en place de rompre avec «les anciennes pratiques», cet expert politique qui s'exprimait sur les ondes de la Radio nationale a soutenu que l'Algérie est en passe d'entrer dans une ère «nouvelle en matière de gouvernance économique, culturelle, technologique et sociale».
Ali Mebroukine souligne, d'ailleurs, que les participants à la conférence nationale «se sont montrés optimistes quant à l'application de la série de réformes annoncée par le chef de l'Etat».
L'intervenant relève, toutefois, qu'il reste encore un défi important à relever pour les tenants du pouvoir, à savoir «le rétablissement de la confiance entre le peuple et les décideurs», estimant que c'est le seul élément à même de faire redémarrer le pays. Il est, par conséquent nécessaire «que la majorité des citoyens se mobilise», a-t-il relevé.
Il rappelle qu'après tant d'années de gabegie et de corruption, il est grand temps que l'Algérie se remette en selle et engage des actions concrètes et ambitieuses.
Faisant un état des lieux de la situation socioéconomique qui prévaut dans le pays, le professeur a expliqué que le bilan a été fait : «Il est sous nos yeux.» La réalité du terrain, selon lui, n'a cessé de nous interpeller sur la nécessité, voire l'urgence de «réformer notre économie, ou encore de réduire notre dépendance aux hydrocarbures, dont les proportions deviennent alarmantes». La croissance économique du pays devra se faire, insiste-t-il , «avec une dépense publique moindre». Sur ce point, Ali Mebroukine juge qu'il faudra veiller à « utiliser judicieusement l'argent du contribuable», afin de ne pas retomber dans «les erreurs commises par le passé». Il faudra atteindre une performance élevée avec moins d'argent, a-t-il signalé, affirmant que c'est, à cet effet, que «le Président a insisté sur l'importance des autorités locales dans la création des richesses au niveau des daïras et des communes». Maintenant, dit-il, le constat est établi, «c'est, par conséquent, le moment de passer aux travaux pratiques».
II suggère, dans ce sens, que les prérogatives des inspections générales de la Cour des comptes soient renforcées davantage.
S'attardant sur certaines mesures engagées sur le plan de l'investissement, le professeur Mebroukine estime que pour rebooster ce volet-là, «une refonte de la législation s'impose». Sur la suppression de la règle 49/51, il dira que cette disposition est importante, certes, mais «il faudra attendre encore un certain temps pour voir son impact sur le flux des investissements». Selon lui, ce qui serait utile à ce niveau, c'est d'engager «la codification des textes».
Il pointe du doigt le fait que nous n'avons «ni de code civil ni code de consommation, et encore moins de code des investissements...». Selon lui, il est important d'avoir des textes réglementaires clairs afin «de sécuriser et les investisseurs algériens et les investisseurs étrangers».
Il souligne que la problématique qui se pose avec les investisseurs étrangers, par exemple, réside non seulement dans le caractère instable de la législation, mais aussi dans le flou qui entoure certains textes.
M. Z.
-
Votre commentaire
Votre commentaire s'affichera sur cette page après validation par l'administrateur.
Ceci n'est en aucun cas un formulaire à l'adresse du sujet évoqué,
mais juste un espace d'opinion et d'échange d'idées dans le respect.
Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Massiva Zehraoui
Source : www.lesoirdalgerie.com