Alger - A la une

"Il faut créer une académie amazighe"



Jeudi dernier s'est clôturé ce colloque qui a réuni des chercheurs, scientifiques et professeurs algériens et étrangers (Québec, France, Côte d'Ivoire, Etats-Unis, Maroc...).Durant deux jours, ils sont revenus dans leurs conférences sur la langue, la traduction et les nouvelles technologies et l'avenir de tamazight.Du 6 au 8 octobre, l'auditorium de l'université de Batna était l'hôte de différents chercheurs et professeurs qui ont participé au colloque international sur "L'aménagement lexical et la terminologie traductionnelle : cas des langues de moindre diffusion". Ce thème abordé lors de ce colloque s'est tenu également dans d'autres villes du pays : Ghardaïa, Boumerdès et Tipasa. La langue, l'usage de la lexicologie et la culture étaient au centre de débats fort intéressants animés par des enseignants, professeurs et autres spécialistes. Il en ressort de ces journées que "la langue de moindre diffusion" n'est pas un phénomène restreint à une région où à une langue particulière, mais celle-ci est étudiée dans les quatre coins du monde. Des intervenants (Québec, France, Côte d'Ivoire, Etats-Unis, Maroc...) ont démontré qu'elle touche un nombre impressionnant de langues dites minorées, à l'exemple de tamazight en Algérie. "Les conditions très favorables nous ont permis d'entrer d'emblée dans le vif du sujet. Une langue aussi minorisée soit-elle mérite d'être prise en charge", a signalé Pr Abderzak Dourari, responsable du CNPLT (Centre national pédagogique et linguistique pour l'enseignement de tamazight). Et d'ajouter : "Dans notre cas, nous parlons de tamazight avec ses variantes. Je vous donne l'exemple de la recherche consacrée aux Touareg (identification et définition d'une valeur culturelle fondamentale à travers des proverbes touareg), et l'on constate que le proverbe a sa place prépondérante dans cette langue, et ça nous permet d'avoir une idée ou de savoir comment fonctionne toute une culture." Et de conclure : "Nous allons et nous devons constituer une somme de connaissances assez importante, cette masse permet de poser la problématique dans la société algérienne (tamazight). Il y a nécessité, voire urgence de la création d'une institution scientifique, pour ne pas la nommer une académie amazighe." Une langue minorisée n'est pas archaïque. Il n'est pas utile non plus de continuer dans l'oralité. Car il faut une prise en charge de cette oralité, sa protection et la création d'un répertoire, comme la création de dictionnaires. Les intervenants qui n'étaient pas nécessairement amazighophones ont proposé des démarches scientifiques, ce qui a permis aussi de profiter des expériences des uns et des autres, sachant que le débat ne s'est jamais écarté de la langue et de sa prise en charge.R. H.


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