
- La crise du logement perdure à Alger, accentuée par le séisme du 1er août. Pourquoi n'arrive-t-on pas à en sortir 'Alger n'a été construite, par la France coloniale, que pour un million de colons. Cette situation endémique est, d'abord, d'ordre structurel et politique. L'Algérie ne s'est pas investie dans les villes de l'intérieur, ce qui a engendré une forte immigration interne vers les métropoles, notamment à Alger. L'autre point est d'ordre juridique. La loi de 1937, abrogée à l'époque mais jamais améliorée, a laissé un grand vide juridique, ce qui a encouragé la gestion farfelue de l'immobilier dans la capitale.De plus, les terres confisquées par la France n'ont pas été redistribuée à leurs anciens propriétaires. Alors que l'indépendance devait réparer les torts, nos gouvernements ont préféré créer l'administration des biens vacants, dont la gestion a été parachevée par des administrateurs bureaucrates. Le coup de grâce est arrivé dans les années 1980 avec la loi de cession des biens de l'Etat qui a permis aux hommes du pouvoir et d'influence d'accaparer des plus beaux édifices d'Alger pour un dinar symbolique. Vers les années 1990, la moitié des édifices d'Alger s'est trouvée entre les mains du privé et l'autre, entre celles de l'Etat. Depuis, l'immobilier n'est géré que par la régie foncière ou l'OPGI.- La Casbah est classée rouge. Des milliers d'Algériens risquent leur vie en restant dans ce quartier. Quelle est la situation de ce patrimoine 'La Casbah est une ville qui a beaucoup d'histoire. Ce sont les institutions internationales qui nous aident financièrement pour sa rénovation, un projet qui ne tient toujours pas debout malheureusement. Dans les années 1970, Boumediene avait décidé de faire de La Casbah un musée sans habitants. Ils ont déporté une partie des résidants laissant des «douirate» vides, occupées plus tard par d'autres qui avaient, non seulement, une autre façon de vivre mais qui ne mesuraient pas forcément l'importante historique et culturelle de La Casbah, ce qui a accéléré sa dégradation. La haute Casbah, construite vers les XIXe et XXe siècles, est plus récente.Elle a été renforcée, car les gens qui l'habitaient ont une relation sentimentale directe avec ce bien matériel, contrairement à la partie basse qui a été construite vers le VIIe siècle. L'Etat doit dépenser plus pour reconstruire la partie basse qui reste dans une situation de délabrement. A La Casbah, on ne peut laisser des «douirate» à découvert, car les bâtisses se soutiennent et forment un seul corps. Il faut créer une école de formation pour la restauration du patrimoine algérien et ne pas dépendre des Espagnols et des Italiens qui, seuls, possèdent les nouvelles techniques de restauration. La Casbah doit continuer à être habitée.- Quelles sont les solutions concrètes 'Il faut en finir avec le bricolage qui répond à des situations d'urgence sans études, sans stratégie et sans vision du devenir de nos villes. Il faut en finir avec la construction dans des terrains agricoles en exprimant la volonté politique de cadastrer le territoire national. Nous avons un retard de cinquante années et nous ne pouvons le récupérer en un temps record de dix ans. Il faut construire une nouvelle capitale au centre de l'Algérie et créer d'autres pôles métropoles dans les quatre coins du pays, similaires à la capitale, comme cela était le cas au Brésil.Il faut que nos villes de l'intérieur aient tous les moyens nécessaires pour rendre le quotidien des citoyens vivable. Il faut aussi créer une taxe sur l'immobilier pour contraindre les propriétaires à vendre ou à louer leurs appartements inutilisables. Il nécessaire aussi de créer une banque de données centralisées des résidences et de toutes les propriétés. Enfin, il faut assurer une gestion équitable et transparente de l'immobilier.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : El Watan
Source : www.elwatan.com