La liste macabre des décès causés par les accidents de la circulation doit pousser les pouvoirs publics à mettre en place des mécanismes plus musclés sur le plan de la prévention, d'une part, tout en pensant à adapter l'urgence médicale à l'intervention rapide sur les lieux du drame pour la prise en charge des blessés d'autre part. C'est en résumé ce qu'a préconisé, hier, le président de la Fondation nationale pour la promotion de la santé et le développement de la recherche (Forem), lors de son intervention sur les ondes de la Radio Chaîne 3.Massiva Zehraoui- Alger (Le Soir) - Le professeur Khiati a dans ce contexte plaidé pour le déploiement d'équipes de secours médicalisées qui interviendraient rapidement sur les lieux de l'accident. Avant d'évacuer la victime à l'hôpital, « il faut agir vite, en rétablissant sur place les fonctions vitales du blessé et de ce fait, gagner du temps », a-t-il expliqué. Il souligne qu'en suivant cette ligne de conduite, le nombre de morts dus aux accidents routiers baissera à vue d'?il. Le professeur Khiati estime que ce phénomène doit interpeller sur l'impératif de réformer le service des urgences.
L'absence d'orientation, le flux de patients souvent incontrôlable dans ces services « sont autant de facteurs qui font perdre beaucoup de temps aux blessés, réduisant ainsi leurs chances de survivre », constate-t-il. Mustapha Khiati fait, en outre, remarquer qu'en dépit d'un bilan alarmant qui fait état de 100 000 morts par an, ce problème social et national n'est traité que d'un seul angle. « L'aspect administratif prime sur toute autre considération », fait-il remarquer.
Il rappelle pourtant que les conséquences de ces drames qui endeuillent des centaines de familles relèvent tout autant de la dimension scientifique. « Il faut penser à impliquer la communauté scientifique en faisant participer les sociologues et psychologues dans la prise en charge des personnes touchées de près ou de loin par le phénomène », appuie-t-il.
Sur le plan préventif, le président de la Forem a estimé que la sensibilisation ne suffit pas à contrer ce phénomène. Il constate que les bus de transport en commun ainsi que les poids-lourds sont souvent à l'origine des accidents les plus meurtriers. Par conséquent, il juge nécessaire que « les chauffeurs de ce type de véhicules, à l'instar des pilotes d'avion, subissent des tests psychologiques complexes avant d'être autorisés à transporter une cinquantaine de voyageurs». D'après lui, c'est un vrai problème que de confier à n'importe quel conducteur le sort de centaines de voyageurs, sans établir des préalables du genre.
Le professeur considère qu'il faut en parallèle initier des enquêtes complètes sur les vraies raisons d'un accident. Cela exige, dit-il, d'aller au-delà des raisons sécuritaires et approfondir le sujet. « Par exemple, après la délivrance d'un permis, il faut un suivi de la phase probatoire. Aussi, un suivi doit se faire avant, au moment et après l'accident », a-t-il poursuivi. Mustapha Khiati relève à ce titre que si un chef de famille décède dans un accident et laisse derrière lui une famille sans revenus, « aucune institution ne la prend en charge, et ce n'est pas normal ». Selon lui, cela revient en partie au fait que les parties qui composent la société civile demeurent très peu présentes sur ce terrain.
Autre élément en cause dans l'expansion du phénomène, c'est « la structure de certaines de nos autoroutes», précise-t-il. « Les voies sont réduites, ce qui fait que les conducteurs se rabattent sur la bande d'arrêt d'urgence, censée être réservée à la prise en charge des blessés en cas d'accidents graves .»
Mustapha Khiati insiste sur l'importance d'aller vers une « approche plus consensuelle du problème des accidents de la route », et ce, en prenant en compte les paramètres cités plus haut.
M. Z.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Massiva Zehraoui
Source : www.lesoirdalgerie.com