'Certes, j'ai dit en septembre 2009 que les islamistes remporteraient les élections à 35 ou 40%. Je ne parlais pas de l'Algérie seulement, mais du monde islamique. Et cela repose sur des données statistiques.' C'est ce qu'a déclaré, hier, Abdelaziz Belkhadem, secrétaire général du parti FLN et également représentant personnel du chef de l'Etat, lors d'une rencontre consacrée à l'analyse géostratégique de la crise syrienne au siège, organisée par le Centre des études stratégiques et sécuritaires (CRSS) d'Alger.
Il a cependant vite fait d'affirmer qu'il existe une 'différence' de taille entre l'Algérie et les autres pays arabes, notamment les pays témoins de la victoire récente des islamistes aux élections législatives, dans la mesure où la mouvance islamiste, qui est entrée dans la bataille électorale, est organisée, en Tunisie, en Egypte ou au Maroc, dans un seul parti politique. En termes plus clairs, notre pays verra la participation, lors des législatives de mai 2012, l'entrée en lice non pas d'un seul parti politique islamiste mais de plusieurs à la fois. 'Nous, nous avons aussi vécu les expériences de 1988, 1989 et 1990', a poursuivi l'invité du CRSS, pour prouver une fois de plus 'la différence entre nous et eux'. Sur le registre des 'perspectives politiques', M. Belkhadem a insisté sur le caractère légal des personnes qui seront élues aux prochaines élections législatives, notant que celles-ci 'appartiendront à des formations politiques existantes et des partis nouvellement agréés'. 'Ma crainte, ce n'est pas les partis politiques mais l'abstention', a encore révélé le chef du parti FLN, en évacuant le danger islamiste. Selon lui, la partie se jouait aujourd'hui entre des forces 'égoïstes' et 'le courant nationaliste', avant de se demander : 'Le courant nationaliste en Algérie a des voix, mais pouvons-nous les mobiliser pour qu'elles aillent voter '' 'La meilleure garantie est le renforcement du front interne, la cohésion interne', a plaidé l'intervenant, non sans avertir que si 'les égoïsmes' prenaient le dessus, nous vivrions alors des 'secousses'. Concernant la thématique de la rencontre du CRSS, M. Belkhadem a soutenu que les événements produits dans ce pays et ceux qui ont eu lieu dans d'autres pays arabes, à l'exemple de l'Irak et de la Lybie, ne sont pas étrangers au projet américain relatif au Grand-Moyen-Orient (GMO). 'Nous ne pouvons pas parler d'échec du GMO. Nous sommes en présence d'une autre manière de réaliser le GMO', a-t-il assuré.
Au cours de la rencontre du CRSS, l'animateur, en l'occurrence M. Amrani, colonel à la retraite, s'est largement étalé sur les derniers événements en Syrie, se demandant si la crise dans ce pays allait se régler de façon politique et diplomatique ou si elle provoquerait l'action militaire. 'L'idéal aurait été d'encourager les négociations, c'est-à-dire la solution politique de moindre frais. Mais, la situation a évolué. Il y a une autre configuration aujourd'hui', a-t-il révélé à Liberté. Il a néanmoins fait part de ses 'doutes' quant une éventuelle intervention militaire extérieure et ce, d'autant que les membres du Conseil de sécurité de l'ONU n'arrivent pas à se mettre d'accord et à 'trouver un compromis'. Il y a lieu de souligner que de nombreux participants sont intervenus, hier, pour s'interroger sur les raisons de 'l'asservissement des pays arabes' au nom d'un soi-disant 'printemps arabe'. 'Que faisons-nous, ici en Algérie pour nous protéger', s'est demandé l'un d'eux.
H. A
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Hafida Ameyar
Source : www.liberte-algerie.com