Alger - A la une

«Il est urgent de rétablir la question mémorielle»



Il est urgent d'établir un corpus de références historiques de criminalisation de la France coloniale afin de parvenir à rétablir les dossiers de mémoire qui relèvent d'une question mémorielle et pas seulement de l'histoire passée. C'est une question d'actualité. Les programmes et manuels scolaires au même titre que les thèses universitaires doivent consacrer une place prépondérante à l'histoire de la période coloniale.Abdelhalim Benyellès - Alger (Le Soir) - C'est en ces termes que le professeur Dahmane Touati, professeur conférencier à l'Université de Tipasa, s'est exprimé, jeudi, sur les ondes de la Chaîne 1, à l'occasion de la célébration du double anniversaire du 20 Août 1955 et du 20 Août 1956. Il estime que le traitement des dossiers en suspens entre l'Algérie et la France sur la guerre d'indépendance doit bénéficier exclusivement de la préparation d'un corpus mémoriel de références historiques de criminalisation de la France coloniale en intégrant les témoignages des officiers français, afin, précise-t-il, que le négociateur français puisse s'imprégner de la gravité du dossier et admettre la reconnaissance des crimes contre l'humanité et le mérite des compensations financières.
Sur un autre volet inhérent au travail de mémoire commun annoncé avec insistance ces dernières semaines et qui devrait être engagé conjointement avec l'ancien colonisateur, l'historien appelle à la disponibilité des archives qui tracent les crimes commis à l'intérieur du territoire algérien.
Ajoutant que l'Algérie nouvelle a effectué un pas positif par le rapatriement des 24 crânes des résistants algériens qui étaient exposés au musée de l'Homme à Paris. «C'est ce qui dénote de la conviction de l'Algérie à ne pas renoncer à son histoire», déclare-t-il. Alors que sur le plan des relations bilatérales, Dahmane Touati considère qu'il est primordial de construire des relations équilibrées entre les deux pays, car «il y va de l'avenir des relations économiques entre l'Algérie et la France», explique-t-il.
Par ailleurs, insistant sur le rôle de l'université algérienne à faire la lumière sur tous les aspects de l'histoire nationale, citant les thèmes de la révolte populaire et de la guerre de Libération, il rappelle qu'ils doivent figurer, selon lui, sur les travaux de recherche des thèses de doctorat et de master. «L'université algérienne a un rôle majeur dans la préservation de l'histoire nationale», précise-t-il dans le même sillage.
Appelant ensuite à «libérer» l'Histoire et à intégrer tous les aspects de l'histoire nationale dans les programmes et manuels scolaires, l'universitaire déplore, dans ce cadre, que la mémoire soit «travestie» par l'école française.
A. B.
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