
Présentation n L'auteur compositeur Kamel Hamadi, de son vrai nom Larbi Zeggane, est né le 22 décembre 1936 au village «Yatafen» relevant de la commune d'Aït Daoud (Tizi Ouzou).Cet ancien animateur radio a été la source d'émergence d'une panoplie d'artistes comme Ourida, Bahia Farah, Hnifa et Nora qui deviendra sa femme en 1960. On cite aussi Idir, Aït Menguelet, Djamel Allem, Mami, Khaled et on passe.Il a écrit pour le Cardinal «El hadj el Anka» à l'âge de 18 ans. Il a été sollicité par cet artiste pour lui écrire une réponse à la chanson «ya abi ya abi» de son fils Mustapha «4 jours après je lui ramène «Ami Azizen». Il avait les larmes aux yeux en chantant en kabyle ce message d'un père à son fils. J'étais fier et heureux «témoigne-t-il.?Hamadi anima plusieurs émissions radio dont «chanteurs amateurs» en 1956. Kamel hérita le métier de son père tailleur Mohamed Saïd Zeggane à partir de l'âge de 14 ans selon le document du festival. Un père qui ignorait l'autre don de son fils. L'adolescent obtient son certificat d'études primaires en 1950. Deux années plus tard, il vit son idole Slimane Azem qui habitait dans le même quartier que son oncle chez lequel il résidait à Alger. Une idole qui devient son ami par la suite «Slimane Azem a été le premier à chanter l'amour de son pays et le premier à valoriser le chant kabyle et la Kabylie. Il était le premier à faire de la chanson politique» selon le témoignage de Da Kamel. Ce dernier rencontra à Alger des artistes de renom comme Arab Ouzelague, le comédien Boualem Rabia, le percussionniste Ali Debbah dit Alilou et le martyr Amara Rachid selon le même document du festival. D'après le livret du festival, Da Kamel a enregistré à l'âge de 21 ans une série de disques avec la maison d'édition «Teppaz» comme chanteur au même titre qu'El Hachemi Guerouabi, Mohamed Lamari, Hnifa et Fatma Zohra Badji dite Nora. Il épousa cette dernière le 25 février 1960. Il eut deux enfants (Djamel et Madjda styliste modéliste). Kamel lui composa plusieurs chansons durant son parcours. Ainsi, la meilleure façon de rendre hommage à un interprète, chanteur, musicien, chef d'orchestre, parolier, auteur, compositeur et l'un des maitres de la chanson algérienne comme Da Kamel, est de le faire de son vivant. Il devrait être vu comme une icone dans les données numériques d'une bonne partie de la génération d'aujourd'hui. Il a à son actif, plus de 2000 chansons, pièces de théâtres et opérettes.?Souad LabriA la rescousse de la jeunesseIl a recommandé lors d'un point de presse tenu en marge du festival, l'aide et le soutien des jeunes dans leurs parcours au profit de la chanson kabyle et amazigh «les jeunes devraient être de plus en plus encouragés.Ils ont la chance d'avoir des niveaux d'instruction meilleurs. Ce qui aidera à atteindre des chansons à textes de haut niveau» estime-t-il. Ce grand auteur compositeur Larbi Zeggane dit Kamel Hamadi nous a souligné l'importance de cet honneur pour lui. Mais à travers l'encouragement des jeunes artistes «le fait de voir la jeunesse soutenue, je me vois honoré. Il faut honorer les jeunes et les aider» nous a-t- il lancé. Concernant la chanson kabyle et la jeunesse «chna n teqbaylit assa», thème de l'actuelle édition du festival, Kamel Hamadi estime que «la chanson kabyle aujourd'hui a sa place mieux qu'hier. Elle compte beaucoup de jeunes très valables dont un grand nombre qui reste inconnu. Il y a de belles voix et de belles mélodies tout autant que de moins bonnes comme cela a toujours été le cas. La commissaire du festival Salima Gaoua qualifie l'invité d'honneur «Da Kamel» de parrain de ce festival «il nous a toujours suivis durant les 7 précédentes éditions. C'est notre symbole et l'exemple pour la chanson kabyle de haut niveau. C'est un parolier d'exception et témoin agissant de son époque». A signaler que Kamel Hamadi a été sollicité de 1954 à 1957 pour l'animation d'une émission radio «ighaneyen Ouzeqa» (les chanteurs de demain), chargée de la découverte de jeunes talents. Ce témoin par excellence du monde artistique algérien du 20e siècle a par la suite animé sa propre émission «lesrar ndounite» (les secrets de la vie) «je constate que chaque année qui passe est meilleure que la précédente en matière de talents découverts lors des festivals. Nous avons des jeunes ayant des niveaux d'instruction de plus en plus acceptables. On découvre de jeunes poètes, des paroliers, des compositeurs et également des orchestres. Il faut les aider» a-t- il plaidé lors de la conférence de presse. Da Kamel regrette le recul de beaucoup de belles voix ayant émergé dans des émissions comme «Star Académie» ou «Alhan Oua Chabab» à l'image de Chrifa Louna dont on n'entend plus parler, selon lui «le jeune talent qui émerge ne devrait plus se contenter de son prix et s'arrêter. Il doit s'entrainer et trouver l'environnement pour travailler». Sur ce sillage, la commissaire du festival Salima Gaoua a cité l'exemple du directeur de l'Onda qui s'est déjà engagé pour la prise en charge des jeunes talents lauréats lors du précédent festival par l'enregistrement de leurs albums «mais malheureusement ce sont eux qui n'ont pas travaillé jusqu'à présent. En plus, on les rappelle à chaque fois pour participer aux festivités locales et nationales» a-t-elle indiqué à la presse. Da Kamel est toujours là à vouloir porter secours à cette jeunesse voulant innover dans le paysage culturel algérien.?S. L.L'anti régionalistel Da Kamel n'aime pas le régionalisme. Il a pu faire chanter les arabophones en kabyle et les bérbérophone en arabe. Il a composé entre autres pour Nora son épouse, Fadila Dziriya, Hsissen et Deriassa. Ce dernier interpréta sa chanson «Ana djaziri». Preuve de son refus du régionalisme et son attachement à l'unité nationale. Da Kamel a écrit des textes éternels pour des artistes de renom comme El Anka, Fadila Dziriya, Slimane Azem, Ait Menguelet, El Ankiss, Nora, Karima et bien d'autres.?S. L.Témoignagesl Kamel Hamadi a également produit selon son ami Abdelkader Bendameche, président du conseil national des arts et des lettres (Cnal) certaines ?uvres en opérettes et en chansons à Radio Paris pour différents interprètes émigrés en l'occurrence. L'enfant du Djurdjura était également un?passionné de théâtre. Selon Bendameche «Kamel Hamadi gardera une seule et même ligne de conduite. Celle de demeurer au service de la culture de son pays, sa mémoire et son devenir» témoignera-t-il. Fan de Kamel Hamadi, le musicien, compositeur et interprété Hafid Djemaii a révélé lors d'une conférence de presse qu'il écoute du Kamel Hamadi depuis son plus jeune âge «j'ai eu la chance de collaborer avec lui sur certains travaux. Il n'a pas uniquement écrit pour les algériens. Mais également pour les maghrébins et aux orientaux en arabe et en kabyle. C'est un monument et une légende vivante parmi nous» témoignera-t-il. Son parrainage au festival d'après Hafid est un soutien psychologique important pour les jeunes artistes et même pour les confirmés «il ne cesse de nous encadrer et de nous inciter à faire un travail de haute facture et de présenter des choses valables et audibles» a-t- il repris. S.L.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Info Soir
Source : www.infosoir.com