Un comité pour organiser les urgences médicales
La situation très dégradée des urgences médicochirurgicales des centres hospitalo-universitaires (CHU) et des établissements de santé a incité le département de Saïd Barkat à intervenir.
C’est à travers un comité national chargé de l’organisation du fonctionnement des urgences médicochirurgicales au niveau national que le ministère de la Santé compte intervenir à ce sujet. C’est ainsi que, jeudi dernier, au siège du ministère, il a été question de mettre en place ce comité qui aura pour tâche «l’humanisation de l’accueil des malades, la mise en place d’une organisation plus efficiente des urgences, la proposition de l’ouverture de points d’urgences, le suivi des opérations de réalisation et d’aménagement des services d’urgences et de définir les équipements nécessaires aux urgences». Cette structure aura à «désigner l’encadrement médical et paramédical, améliorer le régime de la permanence et l’organisation des horaires de travail et suivre de près l’opération d’approvisionnement des urgences en médicaments et matériels pharmaceutiques nécessaires». Quoi qu’il en soit, la démarche du département de M. Barkat est salutaire à plus d’un titre. Elle devrait mettre fin à une situation des plus problématique au sein de nos établissements de santé où «les services d’urgence souffrent d’une pénurie de personnel paramédical alors que, la plupart du temps, ceux qui y sont affectés se considèrent comme subissant une mesure disciplinaire. Il faut donc revaloriser les postes aux urgences afin qu’ils soient attractifs et revoir les normes d’effectifs afin d’assurer une sécurité dans la prise en charge des malades. Dans certains services, il arrive que l’équipe chirurgicale attende que l’équipe de gynécologie termine une césarienne, par exemple, pour pouvoir opérer, car il n’y a qu’un seul infirmier de bloc la nuit», note un médecin travaillant dans la fonction publique. «La situation de nos hôpitaux est de plus en plus tendue faute de moyens suffisants; l’activité des services s’arrête parfois en raison du déficit de produits indispensables», note-t-il encore avant d’expliquer qu’au sein des urgences, la prescription médicamenteuse ou le geste thérapeutique s’adresse aux symptômes signalés par le patient, soit que le médecin n’a pas les compétences nécessaires (c’est une des raisons qui a amené à mettre en place un CES d’urgences), soit que le plateau technique ne permet pas de procéder à des investigations au-delà de 16 heures. Et de noter à ce sujet que «des laboratoires sont fermés à partir de 16 heures et, dans beaucoup d’hôpitaux, l’échographie ne peut être réalisée après 16 heures car la garde est assurée par un manipulateur radio (technicien paramédical) et non par un médecin radiologue. Si, pour les villes non universitaires, il est concevable que les urgences soient prises en charge par des médecins généralistes, il est étonnant qu’à Alger, ville universitaire où toutes les structures hospitalières sont en fait des CHU, des malades soient pris en charge par des médecins généralistes. Il est en effet anormal qu’un médecin généraliste oriente un malade vers des urgences spécialisées et que le malade soit pris en charge par l’interne de garde». Il indiquera à ce sujet que des normes minimales devraient être préconisées en tenant compte des données de la science médicale et des moyens de notre pays afin que la prise en charge, dans le cadre des urgences, soit la plus humaine possible. Il est en principe inadmissible, explique-t-il, «d’accepter d’effectuer la suture d’une plaie sans disposer de gants chirurgicaux, d’anesthésique local, voire d’antiseptiques». Notre interlocuteur explique par ailleurs que «les patients, malgré leur nombre élevé quand ils se présentent aux urgences, sont pris en charge par un médecin généraliste. Il est à noter que la moitié des patients ont moins de 16 ans et une infime partie plus de 60 ans».
Samira Illoul
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Posté par : sofiane
Source : www.voix-oranie.com