
Le premier ministre, Ahmed Ouyahia fait de la situation financière du pays, l'une des priorités absolues de son gouvernement. Ainsi, et en plus de la plus grande importance qu'accorde le plan d'action du gouvernement à cette question, Ahmed Ouyahia multiplie les initiatives en vue d'assainir les finances publiques, étape nécessaire avant l'entrée en vigueur de la nouvelle loi sur la monnaie et le crédit.Kamel Amarni - Alger (Le Soir) - Le patron de l'exécutif ne veut pas perdre de temps et préfère prendre le taureau par les cornes ! Dans une note adressée aux membres du gouvernement ainsi qu'à l'ensemble des walis, le premier ministre fera savoir clairement que l'Etat veut payer ses dettes, et dans les meilleurs délais, auprès de ses «partenaires économiques, publics, privés ou autres». D'ailleurs, en objet de la note en question, Ouyahia précisera d'emblée : «Assainissement des dettes que l'Etat et ses différentes structures, doivent à leurs partenaires économiques, publics, privés et autres». En termes moins techniques, l'Etat veut, à travers la note de Ahmed Ouyahia, se débarrasser de ses dettes publiques internes, et remettre les compteurs à zéro, pour mieux affronter la situation.
Le premier ministre expliquera sa démarche en précisant que «les difficultés financières sévères qui ont affecté le trésor public ces trois dernières années, ont fini par aboutir à des situations de non-payement des prestations fournies à l'Etat et ses différentes structures, et ce, dans tous les domaines, tant s'agissant des réalisations que des commandes publiques des marchandises ou des prestations de service. C'est une situation qui frise le cas de force majeure et qu'il y'a lieu d'assainir dans les plus proches délais».
Cette mesure est, bien sûr, directement liée au lancement du nouveau modèle dit de «financement non conventionnel de l'économie nationale que prévoit la nouvelle loi sur la monnaie et le crédit. Le premier ministre le dit, d'ailleurs dans sa note aux ministres et aux walis : «Comme vous le savez tous, le recours au financement non conventionnel décidé par monsieur le président de la République, fait l'objet d'une loi qui sera présenté au niveau du parlement sous le sceau de l'urgence, C'est pourquoi, il est exigé de l'ensemble des structures de l'Etat, de fournir les données nécessaires et à même de permettre, et dans les plus brefs délais possibles, l'assainissement des dettes cumulées et non honorées».
Ouyahia enjoint aux membres du gouvernement, «chacun dans le secteur qui le concerne, de procéder à un inventaire détaillé sur les dettes non encore honorées. Cela doit également englober, y compris les dettes dues aux entreprises administratives et aux agences publiques relevant de vos tutelles respectives».
Les ministres sont chargés, en outre, par Ouyahia, de fournir toutes ces données «àmonsieur le ministre chargé des finances et ce, avant la fin septembre avec copie à remettre à mon cabinet». Quant aux walis, le premier ministre ordonne de procéder, «sous la tutelle de monsieur le ministre de l'intérieur et des collectivités locales, à l'inventaire détaillé des dettes publiques, au titre de l'application du programme de décentralisation ainsi que des programmes communaux de développement». Il est fixé le même délai de rigueur, c'est-à-dire la fin du mois de septembre en cours, aux walis pour, comme pour les ministres, faire parvenir leurs rapports au niveau du département des finances et du cabinet du premier ministre.
Le chef de l'exécutif accorde une extrême importance à cette opération et il le fera savoir à l'ensemble des ministres et des walis «je tiens à insister sur l'importance que revêt cette opération, non seulement en ce qu'elle permet aux administrations publiques concernées d'honorer leurs engagements et qu'il y va de la crédibilité de l'Etat lui-même, mais aussi en ce que cela permettra de préserver le système national de production des biens et services».
En payant ses dettes, l'Etat escompte, en d'autres termes, des retombées immédiates, au plan économique. Ses créanciers, à savoir, surtout, les entreprises économiques, se referont une «nouvelle vie financière» ce qui, à coup sûr, boostera la croissance.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : K A
Source : www.lesoirdalgerie.com