Le secrétaire national du RCD à la réforme de l'Etat, Me Hakim Saheb, semble s'être fait à l'idée que l'élection présidentielle d'avril 2014 ne différera en rien des précédentes même si lui et son parti militent pour une élection ouverte. "En décidant de miser une nouvelle fois sur l'homme providentiel, c'est-à-dire un candidat du consensus, on balise le terrain pour une alternance clanique au détriment d'une alternance démocratique. C'est une voie de fait qui va aggraver l'absence de légitimité institutionnelle et élargir le fossé entre la société et le pouvoir", a-t-il soutenu lors d'une conférence-débat animée vendredi soir à Alger, au siège du bureau régional du RCD, autour du thème "les propositions du RCD pour une Constitution pérenne : enjeux et perspectives". Me Saheb a qualifié le système politique en place depuis 1962 de "maffieux, hégémonique et tentaculaire", et lui fait le reproche d'avoir "tout dilapidé".Commentant la communication officielle sur le séjour médical du chef de l'Etat en France, Me Saheb dit ne pas partager le point de vue de ceux qui lui reprochaient son "amateurisme". "La communication sur la maladie de Bouteflika est peut-être frileuse, ubuesque, mais elle est loin d'être de l'amateurisme", soutient-il en lui trouvant même une once d'"intelligence".
Me Saheb dit se poser bien des questions en écoutant des responsables dire que l'absence du chef de l'Etat ne gêne en rien le bon fonctionnement de l'Etat même s'il n'ignore pas que "la réalité de la décision ne suit pas l'architecture institutionnelle" et qu'avec l'éclipse du président Bouteflika "c'est le système qui a tout dilapidé qui continue d'être le moteur". Des questionnements d'autant plus pertinents que le 17 juillet dernier, à Boufarik, "on a vu un président ramolli, affaibli, incapable de prendre des décisions par son libre arbitre", a-t-il souligné. "Cette communication suscite des interrogations. Quid de la nature de son infirmité, de sa durée et de ses capacités à assurer ses charges '", s'est-il interrogé.
Evoquant le projet de Constitution pérenne proposé par son parti, Me Saheb a assuré que "les propositions du RCD ont suscité de l'enthousiasme et une résonance assez forte auprès des différentes catégories de la société".
Les différentes conventions nationales ont mobilisé des citoyens de différents horizons. L'objectif est d'encourager le libre débat autour de l'édifice institutionnel dont l'Algérie a besoin.
La quasi-totalité des interventions ont fait ressortir l'impossibilité de l'évolution du système politique algérien. "La conclusion est qu'il faut mettre un terme au mimétisme institutionnel. L'échec de l'Algérie était celui d'avoir de calquer son édifice institutionnel sur ceux de l'URSS et de la France, des modèles qui n'ont rien à voir avec l'Algérie", a-t-il soutenu. "Il nous faut un système institutionnel inspiré de notre histoire et de notre culture. L'urgence est à l'adoption d'un régime politique et institutionnel conforme aux réalités sociales et culturelles du pays", a-t-il encore souligné.
Sur un autre registre, Me Saheb a démenti tout rapprochement avec les islamistes. "Il n'y a pas de rapprochement avec les partis islamistes mais juste une prise de contact pour un échange de point de vue. On est toujours fidèle aux valeurs qui fondent notre combat et nul ne nous complexera sur cette question", a-t-il asséné.
Pour lui, cette prise de contact avec les islamistes comme l'invitation lancée à certains mouvements autonomistes pour participer à la convention nationale se veut un acte de pédagogie.
A. C.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Arab Chih
Source : www.liberte-algerie.com