Taoufik Makhloufi est devenu champion olympique du 1 500 m en s'imposant en 3 mn 34 sec 08/100 en finale à Londres. L'Algérien de 24 ans, qui succède au palmarès du Kenyan Absel Kiprop, a devancé l'Américain Leonel Manzano, qui est allé chercher la 2e place en 3:34.79, et le Marocain Abdalaâti Iguider (3e), en 3:35.13. Un exploit à ce stade de la compétition vu le parcours de l'enfant de Souk-Ahras qui s'est forgé avec hargne et abnégation au fil des années.
'C'est un grand cadeau pour le peuple algérien et pour le monde arabe", a-t-il lâché au sortir de cette course historique. En effet, Makhloufi a été impressionnant de bout en bout, particulièrement lors des deux cents derniers mètres qu'il finit dans un sprint digne 'd'un coureur du 400 m". Disqualifié, blessé, repêché, l'Algérien est passé par toutes les émotions, avant de s'imposer sur le 1 500 m et devenir champion olympique. Ce faisant, il a permis à la délégation algérienne participante à ces Jeux olympiques de ne pas rentrer bredouille de Londres. 'Il a sauvé la face", soutiennent certains spécialistes et entraîneurs d'athlétisme qui voient en cet accessit suprême plutôt un exploit individuel. C'est une exception car la réalité de cette discipline sur le terrain est tout autre, ajouteront-ils.
La lutte de clans, le retard dans la mise en place des pôles de développement par discipline promise par la fédération et le manque de moyens dont sont victimes les clubs formateurs dans de nombreuses régions sont les carences relevées par de nombreux observateurs de l'athlétisme national. 'C'est le miroir aux alouettes, il n'y a rien de ces pôles, et la prise en charge des athlètes au niveau de leur club est supprimée. Comment peut-on imposer à des jeunes qui émergent une prise en charge à Alger, oubliant que ces derniers sacrifieront leurs études, etc. '" s'interroge un entraîneur d'athlétisme de Béjaïa.
Et d'ajouter : 'Makhloufi est une exception, surtout qu'il a quitté Alger depuis environ sept mois pour aller s'entraîner durement avec le coach de l'EN Qatar dans de nombreux pays."
La gestion rigoureuse et professionnelle des carrières fait défaut, et l'indice de cet 'amateurisme rampant" nous vient de l'acte de dopage des athlètes Larbi Bouraâda (décathlon) et Zahra Bouras (800 m), contrôlés positifs à la Stanozolol. Le travail à long terme n'est apparemment pas le souci majeur des décideurs, sinon comment envoyer à Londres des athlètes trentenaires ' À l'image de Issam Nima, Tayeb Filali et Souad Aït Salem qui ont chacun 33 ans, Mohamed Bellabas et Rabah Aboub, chacun 31 ans. C'est dire que ces athlètes ont un âge où Noureddine Morcelli et Hicham El-Guerrouj étaient déjà en retraite. À ce moment-là, ces deux champions avaient déjà à leur actif des palmarès éloquents. Rio, c'est dans quatre ans. Qui sauvera le navire sportif algérien '
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : A Hamouche
Source : www.liberte-algerie.com