
Au camp Etoile de mer de Chenoua, à 3 km à l'ouest de Tipasa, on croit avec conviction aux charmes du tourisme populaire et aux joies toujours renouvelées des vacances en famille entre tentes et bungalows.L 'été à Chenoua (Tipasa), sur la côte ouest d'Alger, est fait de couleurs chatoyantes, de musique variée, de plages bondées, de vents capricieux, de bruits joyeux, de maïs grillé, de poulet rôti et d'embouteillages sur la corniche. A Chenoua, la forêt dialogue avec la mer et la montagne et aborde le ciel en termes soyeux. L'endroit attire, chaque saison estivale, des milliers de touristes.Au camping Etoile de mer, les estivants viennent de Chlef, Blida, Alger, Aïn Defla, Ghardaïa, Médéa, Relizane, Tizi Ouzou, Laghouat, Tiaret et Tamanrasset. «Ici règne un esprit de famille et une ambiance conviviale. On y retrouve de la tranquillité, raht el bal», a confié Zohra, une mère qui vient chaque année au camp que gère la famille de Hadj Khelil Ikhlef. Depuis la fin du Ramadhan, les vacanciers se relaient pour occuper la trentaine de bungalows et la soixantaine de tentes, avec au moins une centaine de familles par saison.Quatre sessions ont été programmées pour mieux répondre à la demande malgré une baisse de régime constatée dans toute la wilaya de Tipasa cette année, en comparaison avec les précédentes saisons. «Nous avons démarré la saison après le 5 juillet, en raison de la deuxième session du bac, qui a obligé beaucoup de familles à repousser le début de leurs vacances. Cette session était imprévue. Il faut dire aussi que de nombreux Algériens préfèrent passer leurs vacances en Tunisie.On leur accorde toutes les facilités pour qu'ils y aillent. Par conséquent, nous avons constaté une baisse de fréquentation dans toute la wilaya que je peux évaluer à 40%. J'ai contacté des gens dans d'autres wilayas côtières comme Jijel et Béjaïa. Même constat», a relevé Khaled Ikhlef, gérant avec son frère Toufik, du camping.La rentrée scolaire avancée a perturbé la session des vacances de septembre. «Nous avions beaucoup de clients en septembre les précédentes années. Il s'agissait de gens qui aiment savourer le silence de ce mois. Nous avons moins en moins de demandes à cause de la rentrée scolaire.En septembre, nous pratiquons toujours des prix spéciaux pour les estivants qui souhaitent venir», a soutenu Toufik Ikhlef. L'approche de l'Aïd El Adha (prévu le 1er septembre) a également obligé plusieurs estivants à revoir leurs calculs et à bousculer leur agenda. Cependant, à l'Etoile de mer, on savoure les vacances malgré les contraintes de temps, de la météo et les bousculades de la rentrée sociale.«Nous savons que les gens doivent faire des choix entre les achats de l'Aïd et ceux de la rentrée scolaire. Nous nous adressons surtout à une clientèle de classe moyenne.Les prix que nous pratiquons pour les tentes encouragent beaucoup de familles et les incitent à prendre des vacances. Nous proposons un mode mixte : tentes et bungalows. Nous gardons l'aspect camping. Il y aussi un côté charme et dépaysement, avec des tentes sous les arbres, à quelques pas de la plage», a expliqué Khaled Ikhlef. Promouvoir «la destination Tipasa»Au niveau de la plage, les estivants passent les journées entre nage, pédalos, canoë, beach-volley et foot sur sable. Dj Ferhat assure les soirées dansantes aux rythmes du raï, house, kabyle, staïfi, algérois... Les campeurs organisent aussi des petits concours de dominos. Un clown et un magicien passent de temps à autre proposer des numéros et des tours aux enfants. Le camping est équipé de trois petites boutiques, d'une cafétéria, d'une pizzeria et d'une salle de jeux. La famille Ikhlef souhaite développer le camping qu'elle gère depuis 1996.«Nous avons proposé d'introduire des changements au camping. On nous a demandé de reporter nos projets. Le plan d'aménagement de la ZET (Zone d'exploitation touristique) de Chenoua remonte à 2007. L'étude a été faite, mais n'a pas encore été approuvée. Il y a eu un projet de défalcation des terres agricoles pour être reversées au secteur agricole. Il n'a pas été mis en application», a regretté Khaled Ikhlef.Dernièrement, des décisions de concessions accordées aux investisseurs touristiques ont été annulées après une opposition du directeur des Domaines de Tipasa. Du coup, les investisseurs attendent que les choses soient plus claires. Khaled Ikhlef a rappelé qu'en décembre 2011, Ahmed Ouyahia, alors Premier ministre, avait pris la décision de donner aux walis, plutôt qu'au ministère du Tourisme, la prérogative d'attribution du foncier destiné aux activités touristiques. L'instruction portait le titre «Les obstacles qu'il faut lever devant la promotion de l'investissement touristique». Six ans après, les obstacles semblent toujours là, malgré les nombreuses annonces et promesses du gouvernement.La famille Ikhelf a élaboré un projet de construction d'un village touristique sur le terrain même du camping, pour «s'aligner sur les normes internationales». Il s'agit d'un hôtel et d'apparts-hôtel d'un certain standing, d'un centre de thalassothérapie, d'une piscine couverte, de restaurants et d'un parking en sous-sol. «Nous avons construit pendant plus de vingt ans une image de marque à l'Etoile de mer. Nous étions ouverts dans les années les plus dures pour le pays, celles du terrorisme. Le terrain où se trouve le camping était nu. Nous avons tout construit, le restaurant, les bungalows, les sanitaires, tout. c'était un véritable combat durant la décennie noire.Là, nous voulons investir ici, nous pensons être prioritaires. Nous avons de l'expérience et nous sommes des professionnels. Nous faisons confiance aux pouvoirs publics et aux autorités locales», a estimé Khaled Ikhlef. Tipasa a, selon lui, beaucoup de projets d'investissements dans le secteur touristique. «Tipasa recèle de nombreuses potentialités avec de belles plages, des sites historiques et des forêts qu'il faut mettre en valeur et faire connaître davantage. Nous devons améliorer nos prestations au niveau national pour faire face à la concurrence étrangère. Nous attendons un coup de pouce de la part des pouvoirs publics.Le développement du tourisme doit être une priorité pour le pays», a relevé Khaled Ikhlef, avant d'ajouter : «La Mongolie, la Hongrie et la Croatie ont fait des efforts ces dernières années et sont devenues des destinations touristiques. Des pays comme la Tanzanie et l'Ethiopie se sont beaucoup développés aussi dans le domaine touristique. Nous sommes des Algériens, des professionnels, et nous voulons contribuer au développement du tourisme dans notre pays. Nous sentons une certaine volonté chez le nouveau ministre du Tourisme et chez le wali de Tipasa de relancer le secteur sur de bonnes bases. Nous pouvons récupérer des millions d'euros qui sont dépensés par les Algériens qui partent à l'étranger en leur proposant des prestations de qualité chez nous. Il est connu que le touriste algérien dépense beaucoup à l'étranger, autant donc l'intéresser pour rester dans son pays.»Alléger les procéduresKhaled Ikhlef a remarqué que l'Etat n'a pas construit d'infrastructures depuis les années 1970. Années durant lesquelles ont été bâtis, entre autres, les complexes des Andalouses (Oran), des Hammadites (Béjaïa), de Sidi Fredj (Alger) et de Matares (Tipasa). «Nous devons relancer l'investissement dans le tourisme en Algérie. Nous avons tous les moyens pour concurrencer les grandes destinations dans le monde.En Algérie, les 1600 km de côte sont en grande partie vierges. Il nous faut avoir une vision à long terme. Le tourisme est un secteur stratégique pour l'Algérie», a souligné Khaled Ikhelf. Selon son frère Toufik, la chute des prix du pétrole a «enfin» obligé à ouvrir les yeux sur l'importance du tourisme en tant que «secteur économique créateur de richesses et d'emplois». Il a plaidé pour la facilitation et l'allègement des procédures d'investissement dans le secteur pour doter le pays de meilleures infrastructures et de meilleures conditions d'accueil.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Fayçal Métaoui
Source : www.elwatan.com