
Abdelkader Bensalah a enfin rompu le silence sur la large contestation qui remet en cause, depuis quelques jours, sa présidence du RND. Visiblement confus et rongé par l'incertitude, le second personnage du pays affirme ne pas avoir toutes les données liées à cette question, et qu'il préfère encore s'accorder un peu de temps.Mehdi Mehenni - Alger (Le Soir)C'est en marge d'une séance consacrée aux questions orales, ce jeudi, au Conseil de la Nation qu'Abdelkader Bensalah a été plutôt forcé de s'exprimer sur la crise qui secoue le Rassemblement national démocratique. Même s'il a, d'emblée, tenu à préciser qu'il n'aimerait pas confondre entre sa fonction de président du Sénat et celle d'un responsable de parti politique, la pression exercée sur lui depuis quelques jours semble l'avoir emporté sur ce principe.Abdelkader Bensalah a ainsi commencé par reconnaître qu'une «situation anormale», prévaut sur le parti. Cela dit, Il nie formellement avoir reçu quoi que ce soit d'officiel et qui atteste de la remise en cause de sa présidence du parti. «Les évènements se précipitent, des informations fusent de partout, et personnellement je n'ai rien reçu d'officiel qui puisse confirmer ou infirmer telle ou telle autre situation, a-t-il indiqué. Pourtant des cadres et parlementaires du RND, qui ont participé et veillé au bon déroulement de l'opération de collecte des signatures pour le retour d'Ahmed Ouyahia aux commandes du parti, affirment lui avoir adressé mercredi dernier, les deux pétitions portant sa destitution.Les deux pétitions dont Le Soir d'Algérie a eu accès, portent, pour la première, 305 signatures sur un total de 356 membres du Conseil national, et pour la seconde, 67 signatures sur 68 députés, ainsi que 35 émargements de 38 sénateurs du parti. Une réunion était d'ailleurs prévue jeudi, dans l'après-midi avec les 21 membres du bureau national.Des sources informées expliquent les raisons de l'annulation de cette réunion : «Sur les 21 membres seulement, 9 cadres du parti étaient prêts à se réunir avec lui. Les 12 autres membres à leur tête Chihab Seddik refusent de discuter de la question. Ils attendent de lui de démissionner.»Les mêmes sources ajoutent qu'Abdelkader Bensalah tentera, encore aujourd'hui samedi, de remettre la réunion du bureau national, mais il y a peu de chances qu'elle ait lieu. «Il faut savoir que dans le parti, il compte encore seulement une quarantaine de partisans dans le conseil national et neuf autres dans le bureau national. Certains d'entre eux lui ont suggéré de résister, mais lui, guette plus un signal de la présidence de la République”? même si à ce niveau on lui a déjà signifié qu'il s'agissait d'affaires internes au parti», précisent nos sources. En attendant, le second personnage du pays joue la carte de la stabilité et va jusqu'à lier son sort à la tête du parti à celui de l'avenir du pays. «Je dis en conclusion que le RND cherche à garantir la stabilité et moi-même je travaille pour cet objectif. Car, la stabilité du RND participe à la stabilité du pays», a-t-il souligné ce jeudi.Et comme pour mieux manifester son attente d'un signal fort, il ajoutera : «Sur le plan personnel, je n'ai pas encore toutes les données liées à cette question. Je vais donc m'accorder un peu de temps pour répondre à telle ou telle autre demande et enfin prendre une position.»Enfin, il appelle en cette circonstance les membres du parti «au calme et à la raison», afin dit-il, de «trouver les formules qui puissent préserver l'unité et la stabilité du parti».Ceci, en rappelant que «l'Algérie a besoin d'un parti comme le RND, qui consacre et participe à la stabilité du pays».
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : M M
Source : www.lesoirdalgerie.com