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Humour à l'algérienne : l'IMA fait son festival



Trois jours durant, les humoristes d'origine algérienne auront carte blanche pour délirer comme bon leur semble l Et c'est dans le cadre prestigieux de l'Institut du monde arabe (IMA) qu'ils donneront à voir l'humour à l'algérienne, «d'en France et de là-bas».
Paris
De notre correspondant
Pour voir si un spectacle a de l'épaisseur, il faut toujours vérifier les noms du programmateur et celui du parrain. Et quand vous voyez l'incontournable Rabah Mezouane, aussi bien pour la musique que pour l'humour, et Fellag sur l'affiche, la réservation s'impose au plus vite. «Si les histoires d'amour finissent toujours mal en général, comme dit la chanson, celles rattachées à l'humour ont souvent de belles chutes. C'est le cas en Algérie depuis l'indépendance, et même avant, avec le fameux Rachid K'sentini. Il y a d'abord l'humour véhiculé par de bonnes blagues populaires, qui a toujours servi d'exutoire et d'antidépresseur. Là-bas, c'est même tout ce qui reste quand on n'a plus rien», observe Rabah Mezouane.
Du 1er au 3 juin, l'Institut du monde arabe ouvre ses portes en grand au festival Humour à l'algérienne, «d'en France et de là-bas».
Tout un programme. A l'affiche, Farid Chamakh, artiste récurrent de la Debjam du Comedy club, avec un registre proche de Jim Carrey, la belle et décapante Nawell Madani, pensionnaire elle aussi du Jamel Comedy Club et l'original Mohamed Nouar, visible au Café Picouly sur France 5 et à Après la plage sur Europe 1. Voici pour les nouveaux talents qui montent, montent' «Depuis toujours, c'est dans le terreau sociologique des milieux populaires que prennent racine les germes du rire salvateur, de la boxe et du football. Boxer, courir, sauter, taper dans la balle sont des façons d'évacuer des violences accumulées. C'est une forme de révolte. Rire, se moquer de soi et de son environnement hostile ou absurde en est une autre. Mettre en dérision le dragon du stress et de l'angoisse est aussi une façon d'échapper, ne serait-ce que pour un instant, aux peurs qu'il produit», tranche, un brin sérieux, Fellag. Ce n'est pas Biyouna qui le contredira.
Biyouna et le comte
Elle doit ses plus beaux rôles à Nadir Moknèche, l'inclassable et génial réalisateur algérien. «Douce comme du miel, forte comme un piment. Plus elle se dévoile et plus on rit : ses débuts de danseuse, son parcours d'Alger à Paris, mais aussi ses relations avec sa mère, ses rêves franco-américains, sa passion pour Adamo, l'amour de ses fans et son rapport complexe au monde moderne...». La présentation est un peu restrictive. Biyouna est cette douce folie qui en est en nous tous, tue pour différentes raisons, cette exubérance qui nous fait défaut.Et le clou de ces journées, le comte de Bouderbela. Il jongle avec les mots comme il dribble avec un ballon de basket. A vous donner le tournis.


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