Si lesconsultations électorales, sous presque toutes les latitudes, se déclinentaujourd'hui à l'enseigne incontournable des méga-rassemblements, des meetingspopulaires grandeur nature, des bains de foule et des shows télévisés, relayésdans le monde entier et de manière paroxystique, il est vrai, par les médias,on ne sait pourquoi le souk électoral qui s'installe de manière cyclique dansnos contrées semble s'être figé dans le corset étroit de «l'agit-prop» et desjoutes archaïques des années 60. En fait, et sans préjudice des analysessophistiquées et complexes des observateurs avertis de la scène politiquenationale, la présente campagne des législatives cumule un inventaired'éléments de réponse non négligeable. Sur ce registre de l'exercicedémocratique aux couleurs locales, il faut avouer que Constantinesymboliquement, plus que partout ailleurs, affiche un assoupissement ancien etinexpliqué à la fois. Huit jours déjà et il n'est pas surprenant de constaterla confidentialité presque généralisée dans laquelle baignent la campagneélectorale, ses 20 partis et sa liste indépendante. Belkhadem, Saïd Sadi, Chérif Abbès,Aboudjerra Soltani qui se sont succédé à Constantine, ordonnateurs en chefexpérimentés des fêtes et réjouissances électorales, habitués à «travailler»les foules, n'ont guère réussi à sortir la ville d'une léthargie étonnementrevendiquée et assumée par la cité. Les états-majors locaux des différentspartis en lice, qui ne nient pas cette désaffection de la populationconstantinoise à l'endroit de la campagne des législatives 2007, tentent decontourner la situation par un travail de proximité et les formations del'alliance, le FLN, le RND, le MSP, ne sont pas les plus inactifs à ce jeu,désertant le chef-lieu pour battre campagne dans les petites communes ethameaux de la wilaya. En vérité, de mémoire de Constantinois,jamais le déficit de communication des candidats en campagne et de leurs partisn'avait atteint de pareilles proportions, à telle enseigne que la CWISEL ainvité les uns et les autres à faire un effort et organiser un peu d'animationau moins au niveau de leurs sièges et permanences électorales. Tout se passe entout cas comme si le scrutin était joué d'avance, le pouvoir de propaganderedoutable du FLN, du RND, du MSP a même été mis sous le boisseau, laissantplace à l'agitation rachitique des partis et sigles dont les noms improbableset le manque de crédibilité ont réduit l'audience à néant. L'anarchie totale avec laquelle l'affichages'est fait à Constantine, qui a défiguré les artères de la ville, squattant lesmurs et façades, a frappé durablement les esprits. Ce ne peut être, quoi qu'ilen soit, un gage de sérieux et de respect de l'ordre, affirment, déçus, descitoyens choqués par autant de désinvolture de la part de prétendants à ladéputation. A l'incapacité de rassembler leurs militants,à l'indigence du discours, certains partis sont tombés dans le vaudeville.Ainsi, une liste de candidats d'un parti, qui a pignon sur rue à Constantine, atout bonnement illustré son affiche de campagne par une photo ancienne d'uneplace publique de la ville où trône le monument dédié, tenez-vous bien, augénéral Lamoricière, héros de la conquête française en Algérie, démantelé aulendemain de l'indépendance. Les bienfaits de la colonisation qui s'affichentsur les murs de l'antique Cirta, c'est du vaudeville assurément de bien mauvaisgoût, avouons-le. Les propagandes et les slogans d'un autreâge, s'ils sont l'expression d'une culture démocratique en jachère,l'appropriation des symboles que les Algériens ont en partage n'effraiepersonne. A ce titre, la figure emblématique de Ben Badis est exploitée, quiapparaît en gros plan au côté du tête de liste, dont la présence surl'échiquier politique est plus que confidentielle. Le président del'association, M. Boukhelkhal, a élevé une protestation contrel'instrumentalisation du Cheikh, mais hélas !, a posteriori, étant entendu quela commission de contrôle en amont a manqué de vigilance. Entre le populisme incontrôlédes uns et l'amateurisme vertigineux des autres, sont nés de biens grosmalentendus électoraux sur le vieux Rocher qui n'en peut mais...
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Posté par : sofiane
Ecrit par : K Ben
Source : www.lequotidien-oran.com