C'était hier en
fin d'après-midi que la sortie en salle de «Hors la loi», le récent
long-métrage de Rachid Bouchareb, devait avoir lieu en Algérie. Du coup, dans
la matinée d'hier, un point de presse a été organisé à la cinémathèque d'Oran,
auquel ont participé quelques comédiens du film, notamment Mme Chafia Boudraa
et Ahmed Benaïssa, la directrice de la culture, Mme Moussaoui, ainsi que le
chargé de la programmation et de l'animation de la cinémathèque, Aziz
Boukrouni.
La conférence a
porté essentiellement sur la polémique que le long-métrage de Bouchareb a
suscitée. Quelques chevronnés d'extrême droite en France ainsi que des
nostalgiques de l'Algérie française ont tout fait pour «bousiller» sa sortie en
salle, allant même, pour certains, jusqu'à menacer d'attentat les salles qui auront
«l'outrecuidance» de le projeter. Face à ce torrent de haine, Chafia Boudraa a
répondu laconiquement, avec un brin de malice : «Il n'y a que la vérité qui
blesse !».
Au cours de la
conférence, d'autres problématiques ont été soulevées. La sortie du film en
salle en France a eu lieu le 22 septembre dernier et a concerné 400 salles,
dont 56 seulement en région parisienne. En Algérie, «Hors-la-loi» sera projeté
du 06 au 30 octobre et concernera seulement une poignée de salles, qu'on peut
compter sur les doigts de la main, ici et là dans les grandes wilayas.
De ce fait, l'essentiel de la conférence
s'est penché sur le ventre mou du cinéma algérien, à savoir la pénurie
flagrante de salles obscures dignes de ce nom, ainsi que l'inexistence
d'industrie cinématographique. Une grande partie du film a été tournée dans des
studios de Tunis. «Il eut été impossible, nous dit-on encore, de reconstituer
dans le Sétif actuel les rues du Sétif de l'époque… Pour cela, il fallait qu'on
enlève toutes les paraboles ainsi que toutes les enseignes qui rappellent
l'Algérie. Bref, une mission impossible !».
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Posté par : sofiane
Ecrit par : El Kébir A
Source : www.lequotidien-oran.com