Une histoire qui se confond avec celle des militants indépendantistes qu’ils défendaient devant les tribunaux du colonialisme. Ainsi, l’association des Amis de Abdelhamid Benzine et sous le thème «Les Robes noires : entre engagement et art judiciaire» a choisi de leur rendre hommage à l’occasion de son traditionnel colloque qui s’est ouvert, hier, à la salle Ibn Zeïdoun à Alger.
Devant un panel de personnalités et d’anciennes figures de la lutte de Libération nationale, Ahmed Ancer, journaliste à El Watan et un des organisateurs du colloque a retracé le parcours atypique du militant Abdelhamid Benzine.
Son engament au sein du Parti communiste algérien puis dans les rangs de l’ALN et ensuite son combat dans l’Algérie indépendante. «Jusqu’à mars 2003, date de sa disparition, Abdelhamid Benzine avait mené un combat toujours renouvelé», a indiqué Ancer. Après l’évocation du combat de Benzine, l’assistance a eu droit à des témoignages très émouvants des avocats, Albert Smadja, Amar Bentoumi, Ghaouti Benmalha et celui de Ali Haroun. Tour à tour «le dernier carré» du collectif des avocats du FLN a retracé la genèse de la création d’un collectif d’avocats pour prendre la défense des militants du FLN.
«Lorsque les premières actions du FLN ont éclaté le 1er novembre 1954, nous étions confrontés à une nouvelle situation : défendre les détenus, mais aussi leur servir un souffle d’air pour les détenus coupés du monde extérieur», dira l’avocat français Albert Smadja.
Amar Bentoumi, un des acteurs encore vivants de cette épopée, a axé son intervention sur le rôle de deux de ses frères et confrères de combat, à savoir Omar Oussedik et Benabdellah. Pour lui, «c’est une minorité d’avocats qui avait fondé le collectif. Ils étaient une dizaine sur 632 avocats au barreau d’Alger à l’avoir lancé».
Bentoumi, devenu premier ministre de la Justice une fois l’Algérie indépendante, a indiqué que la fameuse stratégie de «défense de rupture» dans laquelle le célèbre avocat Me Vergès s’est illustré, était une idée de Abane Ramdane.
Ce dernier avait adressé une circulaire en décembre 1956 où il disait aux avocats de «contester la juridiction coloniale et ne pas accepter la compétence des tribunaux et défendre le statut politique des prisonniers», a révélé Bentoumi. C’est dans ce cadre que Me Vergès a défendu Djamila Bouhired, sans qu’il soit au courant de l’existence de ladite circulaire, a ajouté Amar Bentoumi. De son côté, Ali Haroun a axé son intervention sur la période 1958-1962, en insistant sur «l’utilisation des tribunaux pour en faire des centres de diffusion de notre lutte pour l’indépendance». Ghaouti Benmalha, lui aussi membre du collectif, a témoigné de son expérience personnelle, en lançant un appel aux jeunes de «se saisir de l’histoire». Les travaux du colloque se poursuivent aujourd’hui avec plusieurs interventions au programme.
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Posté par : sofiane
Ecrit par : Hacen Ouali
Source : www.elwatan.com