
Grand spécialiste de l'histoire coloniale de la France en Algérie et au Maghreb, auteur d'une thèse monumentale sur «Les Algériens musulmans et la France », soutenue en 1968 sous la direction de Charles-André Julien (une sommité en matière d'histoire), Charles-Robert Ageron demeure encore de nos jours une référence pour les chercheurs et les étudiants en histoire grâce à son 'uvre d'une richesse et d'une originalité remarquables.C'est pour lui rendre hommage et «en reconnaissance de dette», -selon sa propre expression-, que le professeur d'histoire contemporaine à l'université Paris VII, Omar Carlier, a tenu à lui consacrer une conférence-débat, jeudi dernier, à l'institut français de Constantine. Pour ce faire, le conférencier a retracé le parcours de cet homme, jeune agrégé d'histoire, venu de sa ville natale Lyon (ville connue pour sa résistance à l'occupation allemande), qui débarqua en Algérie en 1947 à l'âge de 24 ans (il est né en 1923). Il restera 10 ans durant lesquels il deviendra témoin et acteur d'une période charnière dans l'histoire de l'Algérie, du Maghreb et du monde arabe. «C'est un homme qui a commencé ses premiers pas comme enseignant d'histoire au lycée Gautier d'Alger et qui subit le choc colonial, en prenant fait de la dure condition de vie des Algériens», explique Omar Carlier.
Imprégné de la culture de la résistance, et porteur d'une conception républicaine de la cité, Ageron fera partie du groupe des « libéraux » progressistes qui tout en militant pour la paix, ont toujours cru à une possible réconciliation entre les différentes communautés d'Algérie, sans toutefois se prononcer de manière claire pour l'indépendance de l'Algérie. Une position qui fera toujours débat après 1962. Pour l'intervenant «Ageron a été toujours un acteur engagé, par ses écrits et ses prises de position, sa critique vis-à-vis de la politique de force de Guy Mollet, et il fut l'un des premiers intellectuels à dénoncer la torture».
En quittant l'Algérie en 1957, il deviendra à travers ses multiples travaux et ouvrages, l'un des grands spécialistes de l'histoire coloniale. L'on saura qu'il comptera parmi ses très nombreux élèves, dont il fut directeur de recherche, les Algériennes Malika El Korso et Fatima-Zohra Guechi, mais aussi Benjamin Stora. Ce dernier lui a consacré d'ailleurs après son décès survenu le 3 septembre 2008, un long et vibrant hommage dans son livre Les guerres sans fin.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Arslan Selmane
Source : www.elwatan.com