
Le forum de la mémoire d'El Moudjahid a organisé, hier, en coordination avec l'association Machaâl Echahid et en collaboration avec l'association Sidi Ali Ambarek, une conférence historique en hommage à Mohamed Ben Allel, à l'occasion du 170e anniversaire de sa mort au champ d'honneur. En 2011, le premier livre consacré à cette personnalité, oubliée mais incontournable de la résistance, est publié après plus de 25 ans de recherche dans les archives françaises. Le petit-fils du chahid, qui a animé la conférence, a mis en exergue le parcours d'un « grand héros méconnu ». Né en 1810, Mohamed Ben Allel, également connu sous le nom de Sidi Embarek, est une figure centrale de la résistance à la colonisation de l'Algérie. A la mort de son oncle Mohiedine Es S'ghir en juillet 1837, qui survient quelques semaines après la signature du traité de la Tafna qui rétablit la paix, Mohamed Ben Allel le remplace à Miliana et renouvelle l'alliance qu'avait conclue sa famille avec l'Emir Abdelkader pour organiser la résistance. Il administre efficacement toute la région centre de l'Algérie. Il est notamment à l'origine de la construction d'une manufacture d'armes à Miliana et a 'uvré également à la constitution d'une armée régulière dont son secrétaire particulier Kaddour Ben Rouila rédige le règlement. Ce héros de l'Algérie était également un grand négociateur. « Il a négocié avec Antoine Adolphe Dupuch, évêque d'Alger, un important échange de prisonniers, ce qui a provoqué la colère du général Bugeaud, nouveau gouverneur général d'Algérie et partisan d'une guerre à outrance », a indiqué son petit-fils. Le conférencier a tenu également à préciser que la France a fait son possible pour acheter ce combattant vu son importance. Une correspondance documentée le révèle. En 1842, le général Bugeaud a tenté d'acheter la soumission de Mohamed Ben Allel, mais ce dernier répond à son offre par une lettre cinglante. « Du djebel Dakhal à Oued El Fodda, je commande, je combats, je pardonne. En échange de ce pouvoir que j'exerce pour la gloire de Dieu et le service de monseigneur le sultan Abdelkader, que me proposes-tu ' Mes Etats que la poudre pourra me rendre comme elle me les a pris, de l'argent et le nom de traître », lui écrit-il. Après un long parcours, Mohammed Ben Allel, à la tête de 700 cavaliers, trouve la mort dans le combat de l'oued El Maleh le 11 novembre 1843. Les Français, conscients de l'importance de leur victoire, ont exposé sa tête à Miliana et à Alger pour démoraliser la résistance de la population. Sa mère, fière de lui, avait déclaré : « Je le préfère mort que d'être entre les mains des colons », rapporte Abdelkader Ben Allel. Bugeaud fait rendre les hommages militaires dus à un officier supérieur lors de son enterrement dans le mausolée familial de Koléa. Le masque mortuaire de Mohammed Ben Allel est conservé au musée d'histoire naturelle de Paris, le drapeau d'El Hadj Mahieddine Es S'ghir Sidi Embarek, capturé au combat à Boufarik en octobre 1832, est également conservé au musée de Puy en Velay, en France. « La récupération du masque et du drapeau revient à l'Etat algérien », a estimé le président de l'association à une question sur la présence de ces icônes nationales en France.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Neïla B
Source : www.horizons-dz.com