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« Holy motors » clôture les rencontres du cinéma français à Alger Cinémathèque algérienne



« Holy motors » clôture les rencontres du cinéma français à Alger                                    Cinémathèque algérienne
Les amateurs du 7e art ont eu l'occasion de voir un film poignant qui traite avec humour d'un drame fantastique. Le film met en scène les tourments de M. Oscar, un être qui voyage de vie en vie. Celui-ci semble jouer des rôles différents : père de famille, grand patron, mendiant, meurtrier, créature monstrueuse... Dans ces personnages, M. Oscar est souvent accompagné de Céline, grande dame blonde aux commandes de l'immense machine qui le transporte partout dans le monde. Ce film est agrémenté de scènes d'expression chorégraphiques. Au sujet de la mise en scène, elle est plutôt soignée de même pour le montage qui est extra, l'image est nette, les normes du cadrage et du bruitage ont été respectées. Seul bémol, l'inventivité du réalisateur n'a pas séduit le public. Véritable styliste, novateur dans tous les domaines de l'écriture visuelle, c'est un surdoué qui intègre l'American College of Paris où Steve Murez lui enseigne le cinéma. Dès 18 ans, le jeune homme inaugure sa filmographie avec deux courts métrages et commence à collaborer avec les cahiers du cinéma. « Boy Meets Girl », son premier long métrage, impose la signature d'un auteur qui revendique le cinéma muet. « Mauvais sang » révèle à une plus large audience ses audaces et son soin visuel qui lui valent d'ailleurs le prix Louis Delluc en 1986. Discret, l'artiste ne se dévoile pas, ne communiquant avec le public que par ses 'uvres. Pourtant, les coulisses de son chef d''uvre « Les Amants du Pont Neuf » montrent l'intransigeance de Carax vis-à-vis de son propre travail. Il décide de prendre un moment de répit. Son retour, en 1999 avec « Pola X », rencontre l'indifférence des critiques à son égard. A nouveau mutique pendant neuf ans, c'est à l'occasion du film à sketches « Tokyo ! » qu'il revient, aux côtés de Michel Gondry et de Bong Joon-ho. Onirique, proche de Chaplin comme de la nouvelle vague, le cinéma de Leos Carax impose l'univers artificiel mais touchant d'un metteur en scène bien trop rare. Il convient de signaler, par ailleurs, que cette initiative louable n'a pas trouvé d'échos favorables chez le public algérien, et pourtant neuf films de la nouvelle création française ont été projetés. Mieux encore, ces projections étaient suivies souvent d'un débat en présence des réalisateurs. En somme, le bilan n'a pas été satisfaisant, et ce, à cause de l'absence de spectateurs. La salle qui a une capacité d'accueil de 400 personnes, est arrivée à afficher au quotidien une vingtaine de personnes. Il faut dire que ces rencontres aussi riches que variées n'ont pas permis au jeune cinéphile algérien de reprendre goût avec le cinéma.
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