
Histoire n Le 17 juillet 1830, le mythique Baba Merzoug, un canon de sept mètres, qui défendait Alger des envahisseurs, avait été pris comme trophée de guerre et exposé en 1833 dans la cour de l'Arsenal militaire de Brest (France).Au XVe siècle, Alger était une citadelle imprenable, coquettement surnommée par ses habitants «El Mahroussa (la bien gardée)». Cette situation a duré plusieurs siècles, en dépit des attaques de Charles Quint ou des français, procurant paix et sérénité à ses habitants, jusqu'à la chute de la régence d'Alger, en 1830, et le début de la colonisation française en Algérie. Pour la médina d'Alger, trois années après la défaite de Navarrin (Italie), cette pièce d'artillerie unique, avec les autres «mille canons» installés sur le Pénon, était le dernier rempart entre la ville et ses ennemis, dont les français, qui ont débarqué à Sidi Fredj justement pour ne pas avoir à affronter cette formidable puissance de feu. Ce protecteur tout en bronze n'est autre que Baba Merzoug, un formidable canon de 7 mètres, pouvant à lui seul dissuader toute velléité belliqueuse contre la ville d'Alger, cité des Raïs Hassan et Hamidou, et très souvent, il envoyait par le fonds les navires de ceux qui voulaient soumettre El Djazair. Il en est ainsi, par exemple, de l'invincible armada de Charles Quint, dont l'expédition contre la ville d'Alger en 1541 s'était terminée en débâcle, avec la perte de la moitié de son «invincible armada». Avec sa flotte décimée par les mille canons qui gardaient Alger, Charles Quint est reparti défait et dépité d'avoir échoué, après un siège de plusieurs mois, de faire tomber Alger pour se venger de la perte d'Oran. Baba Merzoug a été construit en 1542, une année après l'expédition de Charles Quint sur Alger. Aussi, dès les tout premiers jours de la chute d'Alger, en juillet 1830, l'amiral Guy Duperré s'est-il empressé de se saisir de Baba Merzoug pour l'expédier immédiatement à Brest, où il gît jusqu'à nos jours sous une nouvelle identité, «La Consulaire», son appellation française. «Les batteries de cette ville étaient bâties avec une magnificence extrême. Les pavées, les murailles, les embrasures, étaient faits avec un luxe de matériaux, un fini de travail dont on ne saurait se faire une idée», écrit dans ses mémoires le capitaine Barchou, lors de la prise d'Alger en 1830. Il ajoute : «Les embrasures se trouvaient garnies de pièces dont quelques unes étaient remarquables par les riches ciselures qui les recouvraient, d'autres par leur histoire. La Consulaire (Baba Merzoug) était du nombre de ces dernières». C'est sur le rapport du ministre de la guerre, le général Gérard, et conformément à la demande du général Clauzel, que le roi de France Louis-Philippe décida le 9 octobre 1830 que 23 d'entre elles seraient envoyées aux Invalides. Parmi les canons disposés de chaque côté de l'entrée des Invalides, à Paris, seize pièces choisies pour «leur intérêt artistique et historique» proviennent de l'arsenal qui protégeait Alger, composé autant de canons fondus dans la médina que d'autres pièces saisies lors des courses en Méditerranée. A suivre
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Ferhat A
Source : www.infosoir.com