Alger - Revue de Presse

Histoire



Ex-ferme Lafumat à El Kerma, un sinistre lieu de torture Dès le début de l’année 1956, le colon Lafumat Jules a cédé à l’armée d’occupation une ferme située juste derrière la vieille école de l’ex-Valmy. Les militaires français avaient transformé la bâtisse en une importante caserne pour la fixation de plusieurs corps de l’armée française ou de troupes de transit vers d’autres destinations, à l’exemple du régiment des spahis et des Zouaves du régiment des dragons et celui de l’artillerie ou bien celui des transports terrestres. Bien sûr, la ferme qui était devenue une garnison, disposait des fameux services de la S.A.S. et des services de renseignements dotés de tous les équipements de torture. La majorité de la population musulmane d’El Kerma a connu les affres et les douleurs des supplices dans ce sinistre endroit. Une opération systématique qui avait commencé, dés janvier 1957, en représailles des journées de grève commanditées par l’UGCA (syndicat des commerçants Algériens) qui avait répondu au mot d’ordre des hauts responsables de la Révolution.Dès l’aube et en cette froide journée d’hiver et après l’évacuation des Algériens de leurs habitations et après avoir fracassé les portes des locaux commerciaux, les militaires français avaient interpellé, à l’exception des femmes et des filles, toutes les personnes valides. Les Algériens seront parqués dans le champ d’oliviers qui se trouvait à l’orée du douar nègre de Valmy et retenus pour y subir, jusqu’à la fin de la journée, le visionnage d’images de propagandes. Après la projection, plusieurs jeunes du douar avaient été sélectionnés pour des séances de torture. Puis vint en 1958 -avec l’avènement de De Gaulle- les périodes d’internements massifs des délocalisés des douars de Dhassa et des fermes environnantes qui, avant d’être relogés dans les centres de recasement, connurent les méthodes de torture instrumentées et expérimentées sur les nationalistes et les fidayine. Plusieurs familles d’El-Kerma connurent la cruauté des tortionnaires de ce lugubre centre de torture: les Maâmar, Lardjem, Djaider, Lameche, Arrar, Benyamina, Badredinne, Mankor, Ouis, Boudia, Kacha, Faham, Boussouf, Lahmar, Zaitri, Bouhrira, Lassouag, Berahmoune, Yekkel et d’autres encore, tant la liste était longue. Les moyens et techniques employés dans les séances de torture n’étaient pas différents des procédés de la gestapo: gégène, eau javellisée, chalumeau, échelle, bouteille déflorante, savon en poudre, sans parler des actes déshonorants commis délibérément envers des détenus soit par les harkis ou les auxiliaires des GMPR. Pour les 3.000 habitants que comptait El-Kerma entre Musulmans et Français en 1958, quelques 1.200 indigènes, sans compter les prisonniers qui transitaient, durent subir la torture jusqu’au cessez-le-feu. Et chaque pensionnaire passait aux interrogatoires que dirigeait le maître de la SAS, le lieutenant Bernardin qui arrachait les aveux des prisonniers, après leurs conditionnements dans les geôles de la torture. La ferme, actuellement dénommée appelée «Le Quartier», n’a toujours pas reçu de plaque commémorative pour conjurer l’oubli. En attendant, la population d’El-Kerma continue à cultiver le souvenir du sacrifice accompli par ses enfants. M. Benyamina
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