Si le mouvement qui a éclaté un certain 22 février 2019 continue de mobiliser comme au premier jour, c'est que son combat n'a toujours pas abouti.La grande mobilisation du vendredi 21 et du samedi 22 février, à l'occasion de l'an I de la révolution du sourire, à Alger comme dans plusieurs grandes villes du pays, a apporté la démonstration implacable, si besoin est, que le hirak, contrairement aux prédictions funestes de certains qui tablaient sur l'étiolement graduel de l'engagement des Algériens, est loin d'être fini. Bien au contraire. Il est bel et bien vivant et garde intacte sa grande force de mobilisation, même s'il lui arrive de connaître des moments de reflux. Et tout porte à croire que l'année 2020 serait rythmée, exactement comme la précédente, par de grandes manifestations de rue. Pourquoi '
La réponse est toute simple : les principales revendications du hirak (départ du système, primauté du civil sur le militaire, etc) ne sont, aux yeux de nombre d'acteurs et d'observateurs mais aussi et surtout des hirakistes eux-mêmes, toujours pas satisfaites.
Et comme les mêmes causes produisent toujours les mêmes effets, le gouvernement Djerad pourrait être appelé, lui qui sera confronté à une conjoncture économique des plus difficiles, à composer, tout le long de l'année en cours, avec la contestation populaire. En vérité, la persistance du hirak a, quelque part, mis à nu les limites de la solution constitutionnelle prônée par les autorités du pays pour régler définitivement la grave crise politique que traverse le pays depuis une année. Certes, le pays s'est doté d'un président au sortir de la présidentielle du 12 décembre 2019, dans les conditions que l'on sait, mais on ne voit toujours pas le bout du tunnel et l'Algérie d'aujourd'hui ne diffère pas beaucoup de celle d'avant la présidentielle de fin 2019. Pourtant, le président Tebboune et son gouvernement ont eu quasiment un répit de 70 jours, non pas pour faire des miracles comme l'a souligné le chef de l'Etat lors de la réunion gouvernement-walis, mais pour lancer des messages forts aux Algériens quant à la volonté des nouveaux dirigeants d'opérer une véritable rupture avec l'ancien système et que l'"Algérie nouvelle" prônée n'est pas un simple slogan creux mais un vrai projet politique.
La rupture souhaitée ne s'est pas produite, aux yeux des manifestants et de l'opposition politique qui, pour l'exemple, lit dans la composition du gouvernement un manque de volonté à rompre totalement avec le système. Cela même s'il est vrai que des personnalités n'ayant pas appartenu au système et étant connues pour leur compétence ont été nommées ministres. Cela n'a pas réussi à faire illusion auprès de nombreux Algériens plus que jamais sceptiques en reprochant aux nouveaux tenants du pouvoir de faire du bouteflikisme sans Bouteflika. Aujourd'hui, le président Tebboune et le gouvernement Djerad sont plus que jamais dos au mur et sont interpellés, voire mis en demeure d'apporter des réponses à la hauteur des aspirations de la rue.
Les mesures annoncées dans le plan d'action du gouvernement, un brin populiste, auront du mal à convaincre les Algériens que véritablement l'"Algérie nouvelle" dont il est tant question ces derniers mois est en construction. Les Algériens veulent des décisions fortes, voire révolutionnaires, à même de faire accroire que les revendications sécrétées par la "révolution du sourire" connaissent une traduction concrète. Tout le défi est là.
Arab Chih
-
Votre commentaire
Votre commentaire s'affichera sur cette page après validation par l'administrateur.
Ceci n'est en aucun cas un formulaire à l'adresse du sujet évoqué,
mais juste un espace d'opinion et d'échange d'idées dans le respect.
Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Arab CHIH
Source : www.liberte-algerie.com