Alger - A la une

Hirak, c'est la rentrée



Les manifestants sont sortis en force hier vendredi sous la canicule dans les rues de la capitale pour réclamer un changement radical, rejetant toute démarche de dialogue et réclamant le départ des symboles du système. Ils étaient des milliers à rejeter, avant tout, l'option du dialogue, dans un mouvement de contestation populaire qui devrait clôturer une période estivale qui s'est caractérisée par une détermination sans faille.Abdelhalim Benyelles - Alger (Le Soir) - Hier, vendredi 30 août, les rues d'Alger ont vibré sous les pas des manifestants pour le 28e vendredi consécutif, annonçant une rentrée sociale particulièrement agitée.
Autant dire aussi que le pari de passer la période des vacances sans fléchir a été réussi, puisque la mobilisation est demeurée intacte depuis le 22 février, date du début de la contestation populaire contre le système politique. Et, encore une fois, la population de la capitale a prouvé que les vendredis sont des tribunes en faveur des grands changements, et contre toute tentative de détourner le cours de la révolution.
Dès avant le déferlement de la grande foule habituelle vers le centre d'Alger, des manifestants étaient là, drapés, pour leur majorité, de l'emblème national, occupant tous les espaces à l'ombre faisant face à la Grande-Poste, entourés d'un important dispositif de sécurité, comme à l'accoutumée. Et ce n'est qu'à 13 heures précises que la rue a commencé à donner de la voix, avec les rituels : «Pas d'élection avec la bande», «Pas de dialogue et départ des symboles du système» et aussi «Pas de vote, Bedoui et Bensalah doivent partir».
Une heure après, la déferlante, en provenance des rues les plus peuplées de la capitale, de Bab-el-Oued, Belouizdad et El-Harrach, a atteint le coeur d'Alger avec la même détermination des vendredis précédents. Ils étaient de tous âges à scander tous les slogans hostiles au régime et à la tenue des élections auxquelles il appelle. Ils étaient des milliers à réclamer «un Etat civil et non militaire», craignant l'instauration d'un régime militaire, et, par delà, le rejet de toute initiative officielle qui ne compose pas avec la volonté populaire. Le cri : «Y aura pas de vote» a été réitéré plusieurs fois par la foule, mais aussi «Algérie libre et démocratique» et «Le peuple veut l'indépendance», une façon de transmettre un message clair aux décideurs leur faisant savoir que le peuple suit l'actualité avec beaucoup d'attention.
Comme un seul homme,le peuple a, encore une fois, défié ce système, qui «tente de manœuvrer et d'imposer sa vision refusant les propositions émanant de la rue», nous signifie une sexagénaire. Son compagnon enchaîne : «Le pouvoir refuse le véritable dialogue», arguant que ce dernier«verse dans le monologue en dialoguant avec ses propres relais», allusion faite aux solutions «palliatives» du Panel dirigé par l'ex-président de l'APN, Karim Younès.
Un autre habitué aux marches des vendredis nous dira que «tous ceux qui vont suivre, marqueront, encore une fois, la confirmation que le peuple algérien refuse la continuité de ce régime».
A. B.
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