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Hicham Kandil, Premier Ministre égyptien, à Alger 'Pour un partenariat gagnant-gagnant"



Hicham Kandil, Premier Ministre égyptien, à Alger                                    'Pour un partenariat gagnant-gagnant
Entre l'Algérie et l'Egypte, il n'est plus question de se disputer un quelconque leadership politique, footballistique ou autres. L'heure est au pragmatisme !
Vite expédiée, la conférence de presse animée hier par le Dr Hicham Kandil, président du Conseil des ministres égyptiens, à l'hôtel El-Aurassi, a laissé nombre de journalistes sur leur faim. Et pour cause ! La visite d'Etat qu'il effectue en Algérie se poursuivait encore et les entretiens avec les responsables algériens ne faisaient, à peine, que commencer. Cette rencontre avec la presse n'était donc pas destinée à établir une évaluation de cette visite, mais plutôt à déblayer le terrain.
Interrogé d'emblée sur la demande d'aide financière de 2 milliards de dollars qu'aurait sollicitée l'Egypte auprès de l'Algérie, Hicham Kandil a démenti cette information, précisant que son pays propose en lieu et place 'un partenariat gagnant-gagnant" et que l'intérêt des deux pays réside dans l'intensification de la coopération économique. D'après lui, l'Egypte veut surtout renforcer sa position de premier partenaire commercial de l'Algérie dans le monde arabe. Le volume des échanges estimé actuellement à 1,3 milliard de dollars est appelé ainsi à augmenter à l'issue de cette visite qui revêt pour les deux pays une importance primordiale.
Il faut dire que les grands projets lancés depuis quelques années par l'Algérie grâce à la manne énergétique ne laissent pas indifférents les entrepreneurs égyptiens qui veulent rafler une part de marché conséquente.
Logement : les Egyptiens parlent de qualité
Le programme de construction de deux millions de logements les intéresse au plus haut point, a avoué le Premier ministre égyptien.
En bon 'VRP", Hicham Kandil promettra, à ce sujet, une qualité des logements à construire ainsi qu'un respect rigoureux des délais de livraison fixés. Sûrs de leur fait, les Egyptiens, descendants des bâtisseurs de pyramides, se targuent d avantages comparatifs" et disent être en mesure de soutenir la concurrence internationale.
De son côté, l'Algérie qui cherche à diversifier ses partenaires essaye de mettre en place des règles opposables à tous. Interrogé sur les retombées de l'affaire Orascom sur les relations bilatérales, le Premier ministre a évacué d'un revers de main le sujet en affirmant qu'il dépend 'actuellement de l'arbitrage international".
Quant aux dispositions prises par les autorités algériennes au nom de la souveraineté nationale et régissant les investissements étrangers (règle des 49/51%), celles-ci ne souffrent, semble-t-il, d'aucune contestation de la part des Egyptiens qui, au mieux, les considèrent comme tout à fait légitimes.
M. Kandil a révélé que les deux parties conviendront, au cours de cette visite, de la date de la réunion de la haute commission mixte entre les deux pays qui devrait se tenir en avril ou en mai 2013.
Le gaz algérien à la rescousse de la pétrochimie égyptienne
Il confirmera, par ailleurs, l'intention de son pays de procéder à de gros achats de gaz afin de développer sa pétrochimie. Le responsable égyptien révélera, à ce propos, que son pays recèle d'importants gisements de gaz inexploités mais que la priorité allait à la création de valeur ajoutée à partir de cette ressource fossile.
Ayant rencontré, par ailleurs, dans la matinée, la communauté égyptienne établie en Algérie, M. Kandil fera remarquer que 'les liens entre les peuples seront toujours prédominants sur ceux des gouvernants". Il faut savoir, en effet, qu'au pire des évènements, et malgré les vicissitudes de l'histoire, les relations entre les deux pays ne sont jamais démenties. M. Kandil a confirmé qu'il existait déjà une étroite collaboration entre les deux pays dans les domaines politique, sécuritaire et économique mais que l'objectif affiché aujourd'hui est de passer à une étape qualitative à savoir 'le rapprochement", 'un approfondissement des relations" sur tous les plans. S'agissant en l'occurrence de tourisme, le Premier ministre égyptien a révélé que la réalité de son pays était souvent déformée par les médias internationaux qui, selon lui, exagèrent certaines situations liées au bouleversement que connaît l'Egypte depuis la révolution du 25 janvier 2011.
Il en voudra pour preuve la levée progressive du 'travel warning" de la part de nombreux pays. Selon lui, l'heure est à la facilitation de l'octroi des visas et de la liberté de circulation due aux ressortissants des deux pays. Il révélera que les entretiens qu'ont eus les responsables algériens et égyptiens ont porté sur l'examen des derniers développements dans la région du Sahel, les menaces terroristes, et le trafic d'armes et de drogues à partir de la Libye. Il s'agira également de discuter de la coordination entre les deux pays dans les forums internationaux notamment au sein de l'Union africaine. 'L'Egypte autant que l'Algérie, le Nigeria ou l'Afrique du Sud ont un rôle important à jouer sur le continent noir", a-t-il souligné. Il semble, en effet, que la montée des périls, le bouleversement de la donne géostratégique et le manque de visibilité amènent aujourd'hui nombre de parties à se souhaiter 'paix et stabilité". Au-delà des clivages idéologiques et de la nature même des régimes, chacun a compris que ses intérêts ne peuvent s'accommoder de provocations superflues et des fièvres inutiles.
Syrie : Kandil salue les efforts de Lakhdar Brahimi et se prononce contre une intervention étrangère
S'agissant de la crise syrienne, Kandil a salué les efforts de l'envoyé spécial de l'ONU, l'Algérien Lakhdar Brahimi, mais il a surtout mis en exergue l'initiative égyptienne pour la formation d'un 'quartet" composé de l'Egypte, de l'Iran, de la Turquie et de l'Arabie Saoudite. Pour le Premier ministre égyptien, 'l'intervention étrangère ne pourra que compliquer davantage la crise syrienne qu'il s'agit aujourd'hui de résoudre dans les meilleurs délais". À signaler, enfin, que le Premier ministre égyptien n'a pas manqué de convoquer l'histoire qui lie les deux pays.
Revenant, en effet, sur les sacrifices consentis par le peuple algérien pour arracher son indépendance avec le sacrifice de un million et demi de morts, Kandil a rappelé qu'il avait commencé sa visite en Algérie par un recueillement au sanctuaire de Riad El-Feth, un hommage rendu à la Révolution algérienne.
M-C L
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