Plus de vingt ans après son inauguration, la Bourse d'Alger n'arrive pas à sortir de son hibernation. Plusieurs facteurs sont à l'origine de cette léthargie qui a caractérisé ce marché durant de longues années. Toutes les raisons convergent toutefois vers un seul et unique argumentaire : cette institution n'a pas bénéficié au départ ni des conditions matérielles nécessaires à un bon démarrage ni d'un environnement économique à même de garantir son expansion et sa pérennité. Aujourd'hui, l'on doit admettre que le marché boursier n'aurait pas dû être lancé en juin 1999 dans des conditions aussi défavorables.Une bourse doit son existence au nombre d'acteurs fiables qui l'animent. Or, en Algérie, elle fonctionne avec des entreprises qui se comptent sur les doigts d'une seule main. Ce constat peu reluisant bat en brèche cette conviction spécieuse des responsables qui s'enorgueillissent de l'existence d'une bourse. Il faut battre sa coulpe et reconnaître qu'on a placé la charrue avant les b?ufs. Les experts s'accordent à dire qu'il aurait fallu commencer par créer d'abord les marchés obligataires et hypothécaires ; la bourse suivra par la suite. Le lancement de la bourse s'est aussitôt confronté à la dure réalité de la dominance du système de financement bancaire jugé plus pratique et répondant aux besoins des entreprises algériennes alors que celui de la bourse reste astreignant car exigeant une transparence financière totale et en permanence.
Or, une grande majorité des entreprises privées algériennes sont de type familial sans aucun management stratégique et ne maîtrisant pas les nouvelles technologies d'information. Il ne faut surtout pas s'attarder sur cette baliverne de dire que la culture boursière n'existe pas en Algérie. Non, la culture, ça s'apprend. Qu'a-t-on fait dans ce sens durant vingt longues années ' De nos jours, force est de constater qu'un chef d'entreprise préfère solliciter des financements auprès d'une banque que d'aller vers la bourse. Ce qui dénote du manque d'agressivité et d'un travail de sensibilisation insuffisant dont a fait preuve la SGBV (Société de gestion de la bourse des valeurs) pendant tout ce temps.
Résultat des courses : les entreprises privées ne se bousculent pas au portillon notamment en cette période de crise. Celles qui ont fait le pas, en
l'occurrence Biopharm, Alliance Assurances et NCA-Rouiba, se plaignent d'ores et déjà du fonctionnement inadéquat du marché officiel des actions en Algérie. Du reste, la bourse est restée suspendue au bon vouloir du gouvernement qui, lui seul, peut sélectionner les entreprises publiques susceptibles d'être introduites en bourse.
Par : Badreddine Khris
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Badreddine KHRIS
Source : www.liberte-algerie.com