
Pour une fois, Christian Gourcuff, entraîneur sans palmarès français et sans expérience internationale, a de la chance. Une veine qui, ajoutée à ses qualités indéniables de technicien pédagogue et formateur, peut le mener loin à la tête de la sélection algérienne. Lorsqu'il a signé son contrat d'objectifs, le coach breton a certes pris des risques. Mais il n'a pas pour autant fait preuve de témérité. Sa bonne fortune fut d'avoir hérité d'une sélection auréolée d'un brillant parcours en Coupe du monde. Il a donc trouvé une maison Algérie aux solides fondations et en bon ordre de marche. Sa bonne fortune fut aussi de ne pas avoir été victime, d'entrée de jeu en CAN, de ce phénomène classique de décompression qui affecte la plupart des sélections après une Coupe du monde. On ne prête qu'aux riches et la chance, c'est connu, sourit aux plus audacieux. Ses joueurs, qui ont acquis au Brésil le sens du bien faire, ont eu le bon goût de gagner le premier match qualificatif en Ethiopie. L'appétit de la victoire venant en mangeant, ce triomphe en déplacement a créé une dynamique de succès et forgé une culture de la gagne. D'où quatre victoires d'affilée en compétition officielle. Du jamais vu dans l'histoire du football algérien. En technicien avisé, adepte du beau jeu mais collectif, Gourcuff a, pour ainsi dire, joué sur du velours. Comme il disposait d'un groupe qui a la culture tactique, de surcroît motivé et concentré, il s'est concentré lui-même sur «l'identité de jeu» de l'équipe. Il a alors axé son travail sur les progrès à faire dans la progression de jeu. D'où des automatismes meilleurs. L'entraîneur national est conscient qu'il doit apprendre à ses joueurs à faire des matchs pleins. C'est-à-dire, avec peu de temps morts, de passages à vide. Avec une meilleure gestion des temps forts, des moments de moins bien et des phases de faiblesse. Et, reconnaissons-le lui, en peu de temps, il a tout de même changé quelque chose, le coach : sous Halilhodzic, l'équipe pratiquait le marquage individuel, elle défend désormais en zone. C'est un vrai choc tactique, un réel changement philosophique. Ce n'était pas évident à réaliser en si peu de temps, même s'il a la chance de disposer de garçons sains d'esprit, bien dans leur peau et soucieux de faire quelque chose de bien ensemble. L'aubaine pour Gourcuff, voire sa baraka, c'est d'avoir, d'abord, bénéficié de l'effet positif du Mondial. Ensuite, après la qualification brillante à la CAN, d'avoir assez de sérénité et de confiance pour la préparer dans la «zénitude». Surtout, de réaliser une possible performance de six victoires de suite, soit un carton plein ! C'est alors que le modeste Gourcuff aura à la CAN des soucis de nouveau riche. Dont celui d'étoffer par un plus de qualité un groupe de grande qualité. Et, qui sait ' Ramener à Alger, une seconde CAN. Yes, he can !N. K.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Noureddine Khelassi
Source : www.latribune-online.com