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Hervé Bourges à l'école nationale supérieure de journalisme de Ben Aknoun 'Couper le cordon ombilical entre l'Etat et les médias"



Hervé Bourges à l'école nationale supérieure de journalisme de Ben Aknoun 'Couper le cordon ombilical entre l'Etat et les médias
Invité pour une conférence sur les questions de régulation de l'audiovisuel à l'Ecole supérieure de journalisme à Alger, Hervé Bourges, ancien président du Conseil supérieur de l'audiovisuel, CSA-France, a estimé qu'il faut 'couper le cordon ombilical entre l'Etat et les médias", pour assurer la liberté d'expression aux professionnels de l'information.
'Réguler, c'est aussi assurer une libre expression et surtout une manière de responsabiliser tous les intervenants dans le domaine", a encore indiqué le conférencier, avant de relater les différentes étapes à travers lesquelles les médias français sont passés pour aboutir à ce qu'ils sont aujourd'hui. 'En France, il fallait attendre 1982, avec la loi Mitterrand sur l'audiovisuel pour voir progresser les regards", a-t-il relaté. 'Il y avait pourtant une presse écrite complètement libre, mais pas l'audiovisuel", a-t-il fait remarquer, avant de préciser que la loi de 1982 'a mis fin au monopole de l'Etat sur l'audiovisuel". Lors de sa conférence qu'il a animée, hier, devant un parterre d'enseignants et d'étudiants, l'ancien président de TF1 a souligné que la régulation dans le domaine de l'audiovisuel veut dire 'réguler et non pas contrôler". Le retour à Alger d'Hervé Bourges tombe à point nommé au moment où le pays 's'apprête" péniblement à ouvrir le champ de l'audiovisuel.
Donc, 'les conseils" prodigués par ce spécialiste, journaliste depuis 1956, seront d'un apport considérable. Il estime que la régulation 'n'est pas le gendarme de l'audiovisuel ou le fait du pouvoir exécutif", mais elle est 'la manière moderne d'accompagner le développement économique et social des pays". Sur un autre plan, M. Bourges a indiqué que sur le plan pratique, l'organisme de régulation de l'audiovisuel 'est le fait de création d'instances indépendantes", qui travailleraient 'dans l'intérêt du secteur" et dans 'le strict respect de l'éthique et de la déontologie".
D'ailleurs, a-t-il illustré son propos, 'le CSA n'a aucun droit d'intervenir en amont" lors d'un dépassement enregistré par une chaîne de télévision. Sur ce point, il a raconté 'la mésaventure" que la chaîne qu'il dirigeait, TF1, a eu avec l'artiste français Gainsbourg qui avait brûlé un billet de 500 francs en direct sur le JT de la chaîne. 'J'ai reçu des milliers de lettres de dénonciation", s'est-il rappelé. 'Le CSA est intervenu après l'incident", a-t-il indiqué, pour dire que cette instance est régie par une loi 'claire". M. Bourges a informé que la France comptait plus de 1 600 chaînes de radio, en dehors des chaînes publiques, avant d'évoquer 'la presse des caniveaux", à propos de laquelle il dira que 'même chez nous, on en compte assez". Il a traité de la 'peopolisation" de l'information et le populisme qui sont distillés par une certaine presse et qui sont, de son avis, 'en train de gagner des espaces".
'La mondialisation oblige les médias à mondialiser leur approche des problématiques", a-t-il souligné, avant d'ajouter que la mondialisation de l'approche des problématiques des médias, telle qu'il la définit, est 'cet instrument complexe de l'édification de l'opinion publique".
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