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Hebdoscopie d'une Bank-route



Hebdoscopie d'une Bank-route
Manque de pot pour ceux qui, jusqu'à la dernière minute, avaient fondé des espoirs enfantins sur une réponse favorable de la Cour européenne des droits de l'Homme à l'ultime requête du banquier réfugié à Londres depuis une dizaine d'années ! Extradition, extradition... Eh, ne criez pas trop tôt victoire, nous avait prévenu un ministre au moment précis où la Grande-Bretagne, moins Perfide Albion qu'il n'y paraît, mettait la main aux derniers préparatifs avant l'expédition vers Alger de l'encombrant colis. N'oubliez pas qu'il y a un recours devant l'instance européenne qui pourrait retarder l'opération de... fret, car ce n'est pas du menu fretin. Le message en creux s'apparente à une mise en éveil de mémoires qui pourraient succomber à la défaillance de l'oubli. Quand bien même dans l'absolu juridique la remarque ne serait pas impertinente, quand elle sort d'un tuyau à refroidir elle peut évidemment autoriser d'autres interprétations relevant plutôt de la psychanalyse, dans le lobe du refoulé et du non-dit exprimé autrement. Las, les Anglais n'en veulent -et n'en peuvent- plus. L'Algérie doit réceptionner son colis, point barre ! Et Papa Noël n'y est pour rien si la date du retour est tombée un 24 décembre. Pourquoi se plaindre d'une coïncidence de calendrier pour un homme qui, dans le pays de Cocagne dont toutes les portes lui étaient ouvertes, vivait tous les jours que Dieu fait comme des jours de la nativité. Il est là et bien là, et en chair et en os. Il va même falloir que le pouvoir et les autorités s'en occupent.D'abord veiller à sa sécurité, faire en sorte qu'il ne lui arrive rien dans sa geôle. Première précaution parmi d'autres, le vacciner immédiatement contre la grippe. C'est une maladie qui peut tuer, surtout en période de stress intense. Ce n'est pas parce qu'une partie de la nomenklatura ingrate l'a pris en grippe après avoir profité de ses largesses illimitées qu'il faut le rabaisser au statut de prisonnier de droit commun. Il faut qu'il soit alerte, dispos, vif, en pleine possession de ses facultés intellectuelles -s'il en a- pour que le jour du procès il n'oublie personne parmi ceux qui lui avaient mis l'Etat à ses pieds. Le jour du procès ' C'est la suite logique d'un suspense décennal, non !' Faudrait juste pas trop se presser, car les pôles spécialisés des tribunaux algériens sont hyper encombrés. Patience donc, il n'y a pas de droit d'ainesse en justice et le vrai procès Khalifa, après tous les reports dont il aura été gratifié, viendra normalement à la clôture des affaires de l'autoroute Est-Ouest et Sonatrach 1 et 2, pour ne citer que celles-là. Dans 5 ans, 10 ans, 12 ans ' Quand on veut une justice non expéditive, on ne compte pas en nombre d'années.Faudrait pas non plus que les nouveaux magistrats qui seront en charge du procès soient obligés de faire le siège de la Bibliothèque nationale pour consulter les archives relatives à une vieille histoire de banque spécialisée dans le blanchiment en tout genre et la distribution de prêts non remboursables avec, en prime pour les malheureux bénéficiaires, remise de cartes genre pomme Golden et Master en trituration financière. Et encore, ça c'est le bon scénario, car il y en a un autre qui pourrait malheureusement retarder un peu les choses. Et si, à Dieu ne plaise, par une grâce divine soudaine, un autre colis, plus encombrant encore et pas moins explosif, prenait le chemin de l'Algérie avant Noël prochain ' Prenons plutôt le problème autrement. Supposons que Chakib Khellil et ses hommes de main, en proie à la torture morale d'une conscience incapable de résister au besoin de se décharger, supposons donc que l'ancien ministre de l'Energie et gérant direct de la pompe à sous de l'Algérie, Sonatrach, décided'embarquer sur le premier vol à destination d'Alger et une fois arrivé, dise :«Me voilà à la disposition de la justice de mon pays, faites de moi ce que vous voulez.» A l'encombrement s'ajoutera le télescopage et au rythme où sont traitées les grandes affaires de corruption, c'est tout le 21e siècle algérien qui sera, pour ceux qui s'en souviendront encore, un siècle de procès où les témoins-clés seront les historiens de la mémoire.A. S.


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