
Hassiba Boulmerka n'est plus à présenter. C'est l'athlète qui nous a fait vivre des moments intenses avec une médaille d'or olympique et une autre dans un championnat du monde, les deux sur le 1500m. Elle a été érigée en symbole de l'émancipation de la femme arabe et musulmane. Qui mieux qu'elle pour nous parler du sport algérien qui vient de vivre de bons moments aux Jeux africains de Brazzaville.Le Temps d'Algérie : Comment jugez-vous la participation algérienne aux Jeux africains de Brazzaville 'Hassiba Boulmerka : Je la jugerai d'honnête sans gros tapage. Il n'y a aucune raison de minimiser les performances de nos athlètes mais on ne doit pas occulter que certains d'entre eux ont failli. C'est regrettable mais il ne faut pas dramatiser.Les résultats des filles n'est pas celui que l'on attendait...C'est vrai, mais c'est également vrai pour les garçons dont certains sont passés à côté des espoirs que l'on avait placés en eux. A Brazzaville, il y a eu de bons résultats mais ce n'est pas une raison de se montrer béat. Il y a encore énormément de travail à accomplir, notamment du côté des filles. Il y a pas mal d'athlètes qui demandent un suivi plus rigoureux car susceptibles de progresserNous ne sommes plus qu'à dix mois des jeux Olympiques de Rio de Janeiro. Pensez-vous que le sport algérien a des chances d'obtenir quelques podiums là-bas 'Les podiums ne s'obtiennent pas sans de la sueur et de l'effort. Seul le travail sérieux, poussé et régulier peut vous valoir des satisfactions. J'ajoute que les moyens doivent suivre sans quoi on sera voué au bricolage.Selon certaines sources, il y n'y aurait plus, aujourd'hui, en athlétisme que 3000 licenciés sur le plan national. Que pouvez-vous nous dire sur ce sujet '3000 licenciés c'est un nombre ridicule par rapport à ce que l'Algérie peut produire. Comment peut-on espérer sortir des champions si le nombre de licenciés ne fait que baisser 'Il faudrait multiplier ce nombre par dix pour espérer obtenir ce que l'on veut, à savoir de possibles médaillés olympiques ou du monde. Dans ce nombre j'inclus, bien entendu, le cross country.Comment augmenter le nombre de licenciés 'Par la communication et la médiatisation. Notre sport n'est plus ce qu'il était. Il n'attire plus. Un travail titanesque attend les ligues qui devraient obtenir le maximum de moyens car ce sont elles la base de tout le système. J'ajoute qu'il est indispensable de diminuer le nombre de clubs car on se rend compte qu'il y en a beaucoup qui ne sont plus en mesure de donner des résultats sur le plan national.Cela va être difficile pour atteindre ce but...Si on veut la réussite de l'athlétisme, il faut passer par ce cap. Les amitiés et les sentiments doivent être mis de côté. Si on reste dans les conditions actuelles, il n'y a aucune chance de progresser. De mon temps, des étrangers travaillaient au sein des différents pôles de développement, comme Annaba, Constantine, Alger, Oran, Chleff, Tizi Ouzou, Béjaïa, Batna, Béchar, pour ne citer que ces villes-là. Ce sont ces étrangers qui étaient chargés de développer la discipline. Ne peut-on pas en faire autant aujourd'hui 'Vous pensez que diminuer les clubs serait la meilleure solution 'La natation a bien réussi à le faire avec trois clubs par piscine. Je crois qu'avec cette option ce sport obtiendra des résultats dans un proche avenir. Il faut faire la même chose en athlétisme où il y a beaucoup de clubs qui sont là uniquement pour empocher des subventions.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : A C
Source : www.letempsdz.com