
En une heure vingt deux minutes, la réalisatrice Viviane Candas met en scène deux orphelins, un frère et une s'ur, qui vivent ensemble dans une cité de banlieue. Chacun de son côté, ils tracent leur chemin. Le frère passe la plupart de son temps à rendre service à ses voisins, tandis que la s'ur se passionne pour le théâtre. L'un vit cloisonné entre les murs des HLM, l'autre s'en évade en incarnant des personnages imaginaires. Jusqu'au jour où le frère refuse que sa s'ur continue ses cours de théâtre. Ils s'enferment alors dans un douloureux combat fraternel, dont aucun ne sortira indemne. Selon les critiques des cinéastes présents à cette projection, la question de l'immigration est devenue centrale dans la vie publique et ne manque pas de nourrir l'univers du cinéma français. Ainsi, le septième art offre des mises en scène de la diversité culturelle qui permet de saisir le rythme des évolutions du statut de l'immigré. D'autres réalisateurs estiment que Viviane Candas a filmé des acteurs amateurs en plantant son décor dans une cité bétonnée où la vie semble avoir été brûlée par le soleil. Bien que parfois trop aride, cette parabole sur le malaise social trouve sa bénédiction dans la présence étonnante des deux personnages. Viviane Candas a expliqué que la réalisation de ce film ne répond pas à « un effet de mode » mais à des « considérations personnelles ». « Ces jeunes m'ont permis de mieux les comprendre et de porter un autre regard sur eux », a-t-elle indiqué. « Ces jeunes, durant toute la période du tournage ont fait preuve d'un grand respect pour ma personne. Je n'ai perçu aucun geste ou parole déplacée. Ils sont loin d'être des délinquants comme les présentent certains. Ils veulent vivre en paix, travailler et trouver une place dans ce pays d'accueil », a précisé cette réalisatrice. « Le voile brûlé » se veut un témoignage sans fioritures sur la situation de certains jeunes immigrés. Un témoignage, un vécu et un aveu. Pour le public, « ce film est beau, surtout qu'il aborde des sujets difficiles, voire tabous, avec beaucoup d'élégance et de vérité. Ce film est à voir, à faire connaître et à suggérer dans les festivals, car il peut entraîner les échanges, un débat intéressant pour notre société. » Viviane Candas est une actrice, scénariste et réalisatrice française. Elle est révélée au cinéma en 2007, en réalisant Suzanne. Viviane Candas traite principalement dans ses courts ou longs-métrages de l'immigration. Jean-Pierre Kalfon est l'acteur sollicité régulièrement par la cinéaste. Elle joue en 1985 dans « Un homme comblé » de Paula Delsol, dans la même année dans « Diesel » de Robert Kramer. En 2008, elle joue également dans « Soit je meurs, soit je vais mieux » de Laurence Ferreira Barbosa. Viviane Candas réalise aussi en 1994 « L'Estaque », en 2003 « Les Baigneuses » et en 2007 « Suzanne ».
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Samira Sidhoum
Source : www.horizons-dz.com