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Hamid Melzi face au juge



Le procès en appel des jugements de première instance prononcés contre l'ex-directeur de la résidence d'état du Sahel, Hamid Melzi et ses coaccusés dont les deux anciens Premiers minis-tres, Ahmed Ouyahia et Abdelmalek Sellal, s'est ouvert, hier, à la cour d'Alger. Celui qu'on appelait «la boîte noire» de l'ancien régime devra à nouveau se défendre des charges retenues contre lui. Poursuivi, lors de son arrestation, notamment pour espionnage économique, la justice n'a enfin de compte retenu contre Hamid Melzi que le blanchiment d'argent, la dilapidation, l'abus de fonction, le trafic d'influence et la passation de contrats en violation de la réglementation des marchés publics. Au bout de 2 jours de procès expéditifs, Melzi avait été condamné, septembre dernier, par le pôle économique et financier près le tribunal de Sidi M'hamed, à une peine de 5 ans de prison ferme, assortie d'une amende de 8 millions de DA. Il avait aussi été condamné à verser au Trésor public une amende de 20 millions de DA à titre de dommages et intérêts avec le gel de tous les comptes bancaires. Hier, l'accusé devait à nouveau tenter de convaincre le juge de son innocence. Lors du premier procès, il avait nié tous les faits mettant tout sur le dos d'une conspiration fomentée par l'ex-patron de la Gendarmerie nationale, le général Ghali Belkecir, toujours en fuite à l'étranger. Une stratégie de défense qui ne semble pas avoir porté ses fruits et Melzi devra trouver d'autres arguments pour répondre aux charges retenues contre lui. Ces charges portent sur cinq projets, à savoir le Data Center, le parc de loisirs de Ben Aknoun, la réalisation des 400 chalets de la résidence d'état, la rénovation de Djenane El Mithak et le projet du nouveau siège d'Air Algérie. Dans tous ces marchés, en plus du fait qu'ils ont été octroyés de gré à gré, certains n'ont pas été réalisés, d'autres pas finalisés alors que le montant, lui, a été versé, quelquefois majoré même. C'est, notamment le cas pour la réalisation des chalets à Club des pins. Le marché d'un montant de 200 milliards cts a été cédé de gré à gré par la SIH que dirige Melzi à la société chinoise King Young, après que le Conseil des participations de l'état, présidé par Abdelmalek Sellal, a validé la consultation restreinte pour ledit marché. Le drame ne réside pas uniquement dans le fait que le marché a été passé de gré en gré, mais plus dans les nombreuses malfaçons ou encore la mauvaise qualité des produits utilisés par la société chinoise. Cette dernière n'a d'ailleurs pas terminé la réalisation d'une trentaine de chalets et n'a pas levé les réserves pour une trentaine d'autres. Malgré ces manquements, la société chinoise n'a pas fait l'objet de mesures coercitives et présentait même des situations pour paiement majorées de plus de 30%. Le marché a connu une hausse financière de 45% par rapport au montant initial. Pour la rénovation de la résidence d'état Djenane El Mithak, même scénario. Le marché a été octroyé à la même société chinoise, King Young alors qu'elle n'arrivait pas à honorer ses engagements vis-à-vis de la SIH, à Club des Pins. Après 4 mois, le projet s'est arrêté et Young avait déjà consommé plus de 200 millions de dinars et traînait une énorme dette de 60 millions liée aux pénalités de retard. Il y a aussi le réaménagement du parc zoologique de Ben Aknoun, à Alger, confié en 2017 à la SIH pour un montant de 40 milliards DA, par le Premier ministre, Ahmed Ouyahia, qui a connu le même sort tout autant que le Data Center, le projet du ministère des TIC et d'Algérie télécom. Hamid Melzi ne sera pas le seul à répondre au juge. À ses côtés, les ex- Premiers ministres, Ahmed Ouyahia et Abdelmalek Sellal qui avaient été condamnés en première instance à, respectivement, 6 et 5 ans de prison ferme. D'autres responsables devront aussi donner leur version des faits comme l'ex- DG d'Air Algérie ou encore l'ancien directeur de Djenane El Mithak. Les fils Melzi, propriétaires de plusieurs sociétés, sont également accusés dans cette affaire. Ils avaient été condamnés à 2 ans de prison ferme.
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