
Alger, Béjaïa et Sidi Bel Abbès. Samedi 8 et dimanche 9. A 13h30 et 17h. W. est une ?uvre intéressante, car empreinte d'une émotion qui se distille lentement, dont la force est liée à une narration fluide et respectueuse de son sujet.Oliver Stone n'a jamais été aussi à l'aise avec une caméra, et son acuité du regard est totalement bouleversante, tant il ne prend à aucun moment de haut son personnage, le sous-estimant comme l'avait fait dans un autre registre, son confrère Michael Moore (voir Fahrenheit 9/11). Même si la partie la plus faible réside dans le passé mouvementé du fiston, W. s'oriente très vite vers un drame habile dont le fil conducteur se pose délicatement sur les séquences étirées de Stone. Il faut voir la mise en scène utilisée dans les scènes de brainstorming à la Maison-Blanche. Le génie de l'auteur de JFK est de placer ses personnages tels des pions sur un échiquier bancal. Tous, de Condoleeza Rice à Colin Powell, tous ont des raisons d'y croire et tous ont un temps de parole équitable. Regardez la position de Josh Brolin (interprète-titre), observez ce jeu tout en retenue que la lumière de Phedon Papamichael (Chef op de Walk the Line et de 3h10 pour Yuma) met tragiquement en valeur. Stone a saisi la règle d'or d'un biopic : ne jamais valoriser son héros, quitte à le triturer progressivement. A la Cinémathèque.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Samir Ardjoum
Source : www.elwatan.com