Alger - Revue de Presse

H’lal alihoum, H’ram Alina



Les formules magiques Depuis quelque temps, la crédibilité de l’Etat semble avoir pris un sé-rieux coup comme en témoignent le non-respect des engagements pris par certains hauts commis. La formule passe-partout «toutes les mesures ont été prises...» a pris un autre sens et le commun des mortels, en Algérie, a eu tout le temps de constater qu’à chaque engagement une foule de dysfonctionnements voient le jour. La préparation de la saison estivale, les délais de livraison de projets, la gestion de la solidarité nationale et la rentrée scolaire ont été des cas d’école sur lesquels beaucoup a été dit, sans que des enseignements aient été tirés. Une telle pratique n’est pas de nature à encourager l’action citoyenne à laquelle tout le monde appelle.L’avènement d’Ouyahia ne semble pas avoir rectifié ces dérapages. A Blida, Benbouzid a constaté que ses instructions n’ont pas été suivies d’effet, et il suffit de faire un tour dans les points de distribution des couffins du Ramadhan pour constater que Ould Abbès n’a pas respecté les engagements pris pour assurer au démuni un semblant de dignité. Alors que l’Algérien en est réduit à se débattre avec un établissement scolaire pour inscrire son enfant ou obtenir les 3.000 dinars d’aide, à faire de la gymnastique pour lui trouver un ersatz d’habit, on ouvre un nouveau motif de mécontentement avec cette histoire d’augmentation des salaires des parlementaires. Si les Algériens ont su faire contre mauvaise fortune bon cœur, en acceptant ce qui leur arrive comme un tribut à payer à la paix, sous toutes ses formes, force est de reconnaître que la provocation est flagrante. D’Est en Ouest, et du Nord au Sud, l’Algérie bouillonne. L’Etat gagnerait, sérieusement, à revoir sa copie et à réduire et certains salaires et le train de vie insolent d’élus et de fonctionnaires qui pensent que la mairie, tout comme l’entreprise, sont des biens personnels que l’on gère selon ses besoins. Et les Algériens, qu’on prive du progrès en multipliant les taxes, ont toutes les raisons de le penser, d’autant plus qu’aucune autorité n’est venue remettre de l’ordre dans une boutique qui a du mal à assurer sa mission. Comment, en effet, imaginer qu’une administration qui a été incapable de gérer une opération qui est entrée dans les mœurs depuis des années, et que des entreprises qui sont de plus en plus dépendantes de la technologie et de l’assistance étrangères, puissent être à la hauteur pour coopérer avec des géants comme les Japonais qui enverront une délégation d’hommes d’affaires pour élargir le domaine de la coopération existante en dehors des hydrocarbures, c’est-à-dire livrer pieds et poings liés ce qui reste de notre économie à des gens à l’esprit millimétré et au sens du patriotisme trop élevé pour brader leurs intérêts nationaux? La formule qui consiste à tout justifier en invoquant les mutations économiques et la mondialisation, semble être devenue un prétexte pour absoudre toutes les incursions et les agressions que subit notre économie. L’Accord d’association avec l’UE a montré les limites de nos capacités et notre penchant à nous inféoder, l’adhésion à l’OMC sonnera le glas de l’Etat-nation, et confirmera la mort clinique d’une Décision que l’on ne prend plus chez nous. Miloud Horr
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