Faites-nous vivre au présent!
Les partis politiques qui ont ouvert leurs universités d’été sont unanimes sur au moins un point: la nécessité de voir le pays se stabiliser. La formulation de ce vœu traduit probablement l’inquiétude née de la récente série d’attentats qui n’augurent rien de bon, si l’on se réfère à des déclarations d’un responsable de l’un des partis de la Coalition: le pays est sous la pression de contraintes externes. Mieux, ce parti préconise l’approfondissement de la Réconciliation nationale. Outre le fait que les dispositions de la Réconciliation sont suffisamment claires, à quel approfondissement fait-on allusion? La réhabilitation du parti dissous ou tout au moins donner l’autorisation à certaines de ses personnalités de revenir sur la scène politique sous un autre habillage?Le pays a choisi sa voie: Concorde civile et réconciliation nationale. Des erreurs ont été commises et ont fait le lit de l’intégrisme, un mouvement ramené dans les bagages d’apprentis sorciers. Certains ont tiré leur révérence et d’autres se sont éclipsés, attendant une meilleure heure pour revenir comme des messies pour nous apporter des vérités qui n’ont réussi ni aux Afghans, ni aux Palestiniens, ni aux Pakistanais et encore moins aux Soudanais qui sont dans l’œil du cyclone et qui se sont permis -durant une période passée- de s’ériger en tuteurs des Algériens. Si la stabilité est une des conditions cardinales pour la paix d’abord, la récupération de l’estime et du respect du pays et son retour effectif dans le concert des Nations, et son développement ensuite, elle doit commencer par la prise en charge des petits riens qui minent le quotidien des Algériens comme cette «histoire» de grévistes qui défraie la chronique et dont Benbouzid semble en faire une affaire personnelle en observant une intransigeance qui aurait dû être appliquée à des personnes beaucoup moins bien intentionnées et qui ont fait énormément de mal à la société. Parler de stabilité par des acteurs politiques, c’est d’abord évoquer ce problème des enseignants qui se meurent dans l’indifférence générale. Qu’est-ce qu’un parti qui ne se soucie pas des malheurs de ses concitoyens, qui ne se fait pas le relais de leurs petites voix, étouffées et affaiblies par un mouvement de protestation au moment où l’on fait bombance dans des hôtels somptueux en nous déclarant entre deux toasts que le danger guette le pays? Ramadhan sera notre invité le 30 août, le 31 au plus tard; la rentrée scolaire est fixée au 13 du mois suivant et les marchés sont infréquentables. Déjà. Toutes les «mesures» prises et annoncées sont sans effet, comme toujours. Certains ont tenté de contourner l’incapacité des responsables à améliorer leur quotidien et à soulager leur misère en faisant précocement des achats: tabliers, cahiers, stylos et cartables. Pas plus. Si l’Etat a été incapable de stocker dans des chambres froides le surplus de production de pomme de terre, que pourra le simple citoyen qui surexploite un réfrigérateur datant de l’époque de Boumediène? Déchu de son perchoir à la chefferie du Gouvernement, le FLN préfère évoquer l’Enseignement supérieur. Moussa Touati houspille ses ouailles qui patinent sur cette 3ème marche du podium qui ne leur rend pas de services et Hanoun s’agrippe comme elle peut à sa révision des Accords avec l’UE, parle de prudence s’agissant de l’OMC et reparle du foncier.
Y a-t-il en Algérie quelqu’un qui puisse nous parler un langage accessible à nous autres ghalabas qui ne voyons notre avenir qu’à l’épaisseur de notre mince porte-monnaie, au découragement de nos enfants qui n’arrivent pas à décrocher un job en dépit de la batterie de textes promulgués et qui nous accrochons à des promesses plafonnées aux horizons 2012, 2025 et 2050? C’est-à-dire quand nous ne serons plus là pour en profiter. De grâce, faites-nous vivre au présent!
Miloud Horr
-
Votre commentaire
Votre commentaire s'affichera sur cette page après validation par l'administrateur.
Ceci n'est en aucun cas un formulaire à l'adresse du sujet évoqué,
mais juste un espace d'opinion et d'échange d'idées dans le respect.
Posté par : sofiane
Source : www.voix-oranie.com