Alger - Revue de Presse

H’lal alihoum, H’ram Alina



L’UPM plus importante que l’Europe? Depuis quelques semaines, l’Algé- rie est devenue la destination pré-férée du gouvernement français. Presque tous les ministres importants ont fait le déplacement d’Alger, ramenant dans leurs bagages de beaux hameçons pour bien ferrer le poisson. D’Alliot-Marie à Bernard Kouchner en passant par Jean Louis Borloo, tous ont été porteurs de projets et de propositions de coopération afin de (officiellement) concrétiser les engagements pris par Sarkozy lors de la visite qu’il effectua en décembre 2007. Sécurité, nucléaire, émigration, investissement et transfert de technologie ont été les thèmes choisis pour masquer les vrais motifs des déplacements: la création de l’Union pour la Méditerranée. Et ce sera pour la même raison que le premier ministre français, François Fillon débarquera à Alger aujourd’hui. Le même refrain revient: sans l’Algérie, l’UPM n’a aucune chance de voir le jour. Question pour un champion, qui des deux Unions est la plus importante, l’UPM ou l’UE? Une Union européenne homogène tant sur les plans géographique, identitaire et religieux, qui dispose de toutes les institutions pour un fonctionnement réglé, de sa propre monnaie, qui a une capitale, un parlement, et qui a le pouvoir de sanctionner, mais qui risque d’imploser tout un collectif du fait du non irlandais, ou une hypothétique UPM que tout désunit, qui n’a ni capitale ni institutions ni monnaie ni politique commune et dont plusieurs membres sont des ennemis réciproques avec zéro chance de faire la paix parce que la guerre est le seul langage qui prévaut depuis plus de 60 ans? Pourquoi l’Algérie, particulièrement, alors que la Libye s’est clairement prononcée et que si pression il y a c’est du côté de Tripoli qu’il faudrait l’exercer? Si l’Algérie est la clé de voûte d’un ensemble qui n’est conçu que dans le but de briser l’isolement géographique dans lequel est enfermé Israël, et que l’adhésion d’Alger est si importante, pourquoi alors ne pas écouter ce que l’Algérie a à dire, si bien sûr quelque chose a été dit au sujet de ce nouvel espace régional qui ne fera que confirmer la mort de trois autres: l’UMA, l’Union africaine et la Ligue arabe qui présentent de sérieux symptômes de mort clinique? Il ne s’agit pas de rejeter ou d’accepter la présence d’un pays, mais de baliser le terrain et d’obliger Israël à respecter la légalité internationale, de donner des gages de bonne foi en acceptant d’appliquer les résolutions onusiennes qui lui enjoignent de se retirer des territoires qu’il occupe indûment comme il l’a été signifié à la Turquie, et de lui faire signer les traités internationaux que les autres membres (inconnus et indéterminés) de cette UPM ont signés sous la contrainte, le TNP sur les armes nucléaires particulièrement. Il est inconcevable de donner une réponse à une question qui n’a pas encore été posée clairement, d’accepter d’adhérer à un espace sans discussions et sans obtenir des avantages pour compenser les concessions faites quand il s’agissait de l’accord de partenariat avec cette même Europe aux appétits inquiétants et qui ne se soucie de paix que lorsqu’il s’agit d’occulter le passé et de bâtir le futur en faisant du présent un fait accompli. Qu’Israël soit membre de l’UPM ne dérange pas l’Algérie tant qu’il ne s’agit pas de serrer la main à des partenaires qui seront les premiers à retourner la veste. La poignée de main historique entre Arafat et Rabin n’a fait que multiplier les exactions contre ceux qui ont fait des concessions. Miloud Horr
Votre commentaire s'affichera sur cette page après validation par l'administrateur.
Ceci n'est en aucun cas un formulaire à l'adresse du sujet évoqué,
mais juste un espace d'opinion et d'échange d'idées dans le respect.
Nom & prénom
email : *
Ville *
Pays : *
Profession :
Message : *
(Les champs * sont obligatores)