Les dés sont pipés
Le G8 vient de s’achever et deux recommandations importantes ressortent du communiqué final; des recommandations qui s’apparentent à des injonctions qui s’accommodent mal des dogmes économiques que les pays les plus riches n’hésitent pas à reconvertir en recettes à appliquer à des économies moribondes ou en difficultés, traitement miracle qui fait que le «malade» n’a aucune chance de s’en sortir, le plongeant au contraire dans un cycle qui l’enfermera ou dans une dépendance allant croissant ou dans des crises multidimensionnelles, créant des effets secondaires qui mettront les pays «expertisés» à la merci des autres.La première des recommandations enjoint à l’OPEP d’augmenter sa production, une manière de faire endosser aux pays producteurs la responsabilité de la crise alimentaire et les menaces de récession qui planent sur les économies américaines et surtout européennes qui se retrouvent, après l’euphorie de l’ascension de l’euro, pénalisées par la chute du dollar. Fait insolite, la seconde est le FMI qui est sommé de faire une enquête pour trouver les raisons de cette flambée des prix de l’énergie qui a poussé des corps de métiers en Europe à faire grève, paralysant l’économie et dérangeant la quiétude des millions de citoyens bercés par une douceur de vivre et qui se retrouvent brusquement confrontés à des difficultés auxquelles ils ne sont pas habitués, du fait du prix des carburants qui les privent de nourriture, dans les supermarchés, ou de vacances. Une image inversée qui rappelle aux pays riches que la colère et le mécontentement, source d’instabilité sociale, ne sont pas uniquement l’apanage des pays africains parce que dirigés par des corrompus et des incompétents. La logique aurait voulu que ce soit le FMI qui fasse son boulot en faisant ausculter les malades afin d’établir un diagnostic et appliquer un remède. L’ordonnance miracle aurait pu mentionner, par exemple, une réduction des taxes qui enflamment les prix à la pompe, un ralentissement ou la suppression de certaines activités «énergétivores», la réduction du train de vie plus que luxueux de l’Etat et d’autres bricoles que nous autres pays sous-développés ne sommes pas en mesure de prescrire, car n’ayant pas encore eu l’honneur d’accéder à ce Nirvana qu’est la puissance économique, diplomatique et militaire qui permet à certains de «conseiller» aux autres de faire tout en les rejetant quand il s’agit d’eux. Etrange est le fait qu’une institution comme le FMI se mette au service des plus riches, ce qui prouve que les dés sont pipés. On ne peut être juge et partie. On ne peut, décemment, recommander aux autres de se dévêtir et leur subtiliser leurs oripeaux que l’on n’hésitera pas à enfiler en cas de nécessité, la fin (faim?) justifiant les moyens. Alors que l’Algérie se retrouvait dans un brasier sciemment entretenu par l’extérieur, le FMI n’avait pas hésité à mettre de l’huile sur le feu en affamant les Algériens, les privant de soins, et en les mettant sous dépendance en leur intimant l’ordre de fermer des usines et en procédant à une privatisation qui n’allait pas dans le sens de leurs intérêts.
Quinze années après le plan d’ajustement structurel, l’Algérie constate que sa facture alimentaire passera de 6 à plus de 10 milliards de dollars, dans un futur proche. Si règles économiques, il y a, elles doivent s’appliquer à tous -si elles sont universelles. Le cas échéant, seule une guerre mondiale permettrait une sortie de crise. Une situation qui ne fait pas les affaires d’un Occident qui a intérêt à allumer des foyers et à les arroser d’essence pour nous faire croire qu’il joue au pompier.
Miloud Horr
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Posté par : sofiane
Source : www.voix-oranie.com