Alger - Revue de Presse

H’lal alihoum, H’ram Alina



Les conseilleurs ne sont pas toujours les meilleurs Des milliards vont être débloqués par l’Etat algérien pour soutenir les denrées alimentaires qui connaissent des hausses incroyables, jetant des millions de personnes dans le monde, et en Algérie, dans la précarité; à tel point que l’ONU s’est sérieusement penchée sur le problème et tente de sauver le PAM -le Programme alimentaire mondial- qui reste le cordon ombilical qui maintient en vie des régions entières en Afrique et en Asie. La mesure gouvernementale a été approuvée par les institutions financières internationales, tant qu’il s’agit de soutien aux prix et non de toucher aux mécanismes fiscaux comme la suppression de taxes, la TVA par exemple. Que l’Etat supprime des taxes ou qu’il paie la différence, sur le «terrain» la situation se traduira par un soulagement pour le citoyen. Pour le FMI, ce n’est pas la même chose car il ne faut surtout pas toucher à un artifice qui entre dans la «confection» des prix et qui contraindra le citoyen, une fois la situation normalisée, de garder les bons réflexes: apprendre à vivre selon ses moyens et à l’Etat de maintenir les équilibres difficilement réalisés. Cette façon de voir n’est pas nécessairement profitable aux citoyens qui perdent du terrain sur cette vie meilleure qu’on leur avait promise depuis, déjà, plus de vingt ans, pas plus qu’à l’Etat qui perd, à chaque injonction, une partie de sa souveraineté économique, financière, agricole, socio-éducative et politique. Les «médecins» du FMI et de la BM qui s’occupent des pays qui ne savent pas gérer leurs économies et leurs indépendances ont trouvé la formule politiquement correcte pour éviter de dire aux responsables défaillants qu’ils sont incompétents en mettant sur pied des plans d’ajustement structurel, le PAS, un concept qui se résume à la recette suivante: «Vous avez des dettes, et vous exportez n’importe quoi en petites quantités. Spécialisez-vous, cultivez qui du coton, qui de l’arachide, qui du café et plus vous en vendrez moins vous serez endettés. Ne produisez pas de céréales puisque nous en avons suffisamment». Le problème est que l’on ne peut pas se passer de céréales, ce qui conduira les économies intéressées à connaître de grosses difficultés quand les cours des produits dans lesquels elles se sont spécialisées s’effondrent. Plus tard on dira aux mêmes pays que trop de leurs enfants vont à l’école, qu’il faut réduire les budgets de l’éducation, la formation, l’armée, qu’il faut fermer les usines improductives et ouvrir nos capitaux aux entreprises performantes qui élèveront rapidement notre niveau de vie. A chaque concession, c’est un pan de la souveraineté qui s’effrite. Quand tout ira mal, les mêmes institutions qui nous interdiront de soutenir notre agriculture, notre pêche, notre artisanat, nous conseilleront de nous occuper du tourisme. «Vous avez un beau pays que vous ne mettez pas en valeur. Les investisseurs ne demandent qu’à venir et vos caisses se rempliront vite». La suite est connue, la défense des pays auscultés sera prise en charge et des missiles y seront implantés pour éviter que d’autres n’atterrissent là où vivent ceux qui nous conseillent. L’Algérie n’a pas à se frotter les mains des satisfecit du FMI. Nos gouvernants savent qu’il faut développer l’agriculture, la pêche, le cheptel, le tourisme et tout ce qui nous permettra de nous mettre à l’abri des appétits voraces. Nous avons les ressources financières nécessaires et nous n’avons plus de dettes pour nous spécialiser dans quoi que ce soit. Si ce n’est nous investir dans l’amour pour notre pays. Car les conseilleurs ne sont pas toujours les meilleurs. Miloud Horr
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