Alger - Revue de Presse

H’lal alihoum, H’ram Alina



La rigueur et l’exception sont incompatibles Le problème des conteneurs et de la perméabilité des ports algériens ont été au cœur des préoccupations du président de la République qui s’était engagé à mettre en place un dispositif de contrôle pour «visualiser» le contenu de ces colis géants tout en fluidifiant leur circulation. Poumon de l’économie nationale, le port d’Alger reste encombré et près de 1.000 conteneurs en souffrance, engorgeant les aires portuaires. Ce qui a pour effet de transformer une infrastructure stratégique et vitale en zone de stockage alors qu’elle ne devait, tout au plus, ne constituer qu’une zone de transit. Face à la multiplication des besoins, de la nécessité d’accélérer les procédures, et la mauvaise foi -faut-il le rappeler- et des opérateurs et de certains responsables, l’action initiée par le président de la République a perdu de sa vitalité.Face à cette situation qui pénalise le rendement du port d’Alger et complique plus qu’elle ne l’est une gestion déjà difficile, une décision avait été prise le 1er février pour évacuer l’enceinte et transférer les conteneurs vers un lieu plus approprié dans le but de contraindre les importateurs à faire des efforts pour accomplir les formalités de douanes. Un délai d’un mois avait été fixé et depuis hier, 1er mars, la libération du port devait avoir débuté. Les propriétaires des conteneurs verront leurs colis parqués dans une zone de 30 hectares située dans la banlieue, pour quatre mois. Passé ce délai -période de stockage réglementaire- les conteneurs tomberont sous le coup de la loi et deviendront propriété des Douanes qui pourront, après constat d’un huissier de justice et en fonction de son état, vendre ou détruire la marchandise saisie. Nonobstant le préjudice causé aux ports et à l’administration des douanes, l’immobilisation des marchandises est payante, générant un surcoût que l’importateur ne manquera pas de répercuter sur le consommateur, aggravant un quotidien déjà difficile à supporter d’autant plus que les produits «made in» noient le marché et font en sorte que la marchandise locale est boudée, enfonçant davantage les quelques entreprises nationales et privées qui tentent de se battre pour arracher des parts de marché. En dépit du fait que le pays dispose de 6.280 kilomètres de frontières terrestres, ce seront les ports qui restent la porte d’entrée privilégiée. Produits issus d’échanges commerciaux légaux, contrebande, produits prohibés, drogues, vins et quincailleries en tous genres ont fait de nos ports des portails ouverts qui favorisent une économie de bazar. La corruption aidant, les contrôles de qualité ne servent à rien et plusieurs produits de consommation ont été commercialisés avec de fausses dates de péremption. La décision de limiter à quatre mois et 21 jours le délai de dédouanement et de sortie des conteneurs sous peine de saisie est une bonne chose. Elle contribuera très certainement à pousser beaucoup d’importateurs à retirer leurs marchandises dans les délais, sauf s’il s’agit de conteneurs alibis qui masquent d’autres plus rentables. Ce qui est, cependant, plus dissuasif dans ces nouvelles mesures est le fait qu’aucune dérogation ne sera délivrée sauf exception de la part du DG des douanes en personne. Ce sera, sans doute, cette disposition qui sera mise à profit pour retourner à la case départ. Car la loi devrait être la loi dans toute sa rigueur si on veut fermer la porte aux influences, au passe-droit et à la corruption. Miloud Horr
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