En 2012, nous...
Les caisses de l’Etat seraient vides, selon des propos prêtés à Temmar. Le ministre aurait même déclaré que si le prix du baril chutait en dessous de 60 dollars, le programme initié par le président de la République ne pourrait pas être achevé. Que dire alors des malheureux 19 dollars de référence pour l’élaboration de la loi de Finances qui est censée faire marcher, à ce prix, tout ce qui bouge en Algérie? A moins d’une bourde, les propos de Temmar ont toutes les chances d’allumer un gigantesque nouveau brasier! Cent soixante milliards de dollars, toujours selon Temmar, auraient été consacrés à la réalisation de projets, alors que l’opinion nationale en est encore à se demander pourquoi les Algériens vivent de plus en plus mal, au moment où le pays n’a jamais été aussi riche en milliards de dollars, même si le dollar a perdu de sa parité.Un analyste financier se risquait à dire que la cinquantaine de milliards de dollars, entreposée dans des banques américaines, avait de fortes chances d’être engloutie dans la crise des subprimes que d’aucuns comparent au crash de 1929. Entre les injonctions de rapatriement du pactole, la fin brutale du pétrole, la volatilisation des réserves accumulées aux cris de communiqués triomphalistes officiels au moment où les couches sociales élevaient des cris d’une autre nature, l’opinion ne comprend plus rien. Guerre des tranchées à l’orée d’une présidentielle qui s’annonce dramatique et qui prouve, dans l’esprit, que le pays n’est toujours pas sorti des crises qui l’ont secoué ou prélude à une opération que l’on qualifiera, un jour, ‘Affaire des 160 milliards’ en référence à celle des 26? Nul ne le sait. En dépit des richesses qui existent, dans les comptes ou dans les contes, les équilibres financiers sont assurés grâce à la fiscalité qui atteint 47% du budget, elle-même tributaire des recettes pétrolières. Un gros problème que nos responsables doivent régler pour assurer la pérennité de l’Etat et éviter une banqueroute qui ne saurait plus être évitée par cette manie de recourir à l’homme providence. Belkhadem se félicitait que son parti avait réussi à conserver sa place de première force politique du pays alors que son rôle de le tirer de la situation dans laquelle il l’a mis, étant entendu que la «première force politique du pays» tient la quasi-totalité des commandes. Qu’il s’agisse de Temmar, de Benbouzid ou d’autres ministres, nos responsables ont toujours tendance à se projeter dans le futur. «Dans deux ans, trois, cinq, en 2010, en 2012, nous aurons fait ceci, nous aurons éradiqué cela»... Le fait est que les promesses faites, il y a 2, 3 ou 5 ans, ne s’accommodent pas de la réalité. Tous les gouvernements qui se sont succédé ont dirigé leurs efforts sur les exportations hors hydrocarbures (HH): en 2007, le pays n’arrive même pas à égaler le milliard de dollars de recettes HH que nous réalisions, il y a quelques années. Et encore, le dollar n’est plus ce qu’il était! Cette manie de se projeter dans un avenir, ni proche ni lointain, est porteuse de germes de destruction de la société et de l’Etat, car elle laisse supposer que les responsables qui y ont recours sont assurés d’être toujours aux commandes à ces échéances. Une erreur grave sachant que le successeur qui les remplacerait commencera d’abord par critiquer ce qu’ils ont fait. Après avoir changé l’équipe et le bureau, bien sûr.
Miloud Horr
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Posté par : sofiane
Source : www.voix-oranie.com