Alger - Revue de Presse

H’lal alihoum, H’ram Alina



Où est passé l’argent ? Le phénomène a de quoi inquiéter. Depuis quelques temps déjà, les usagers des chèques postaux sont confrontés au problème des liquidités. En clair, les Algériens ont de l’argent mais ne peuvent pas en disposer, quand ils en ont besoin. Il ne s’agit pas d’un cas isolé, mais d’un phénomène qui dure. Avant le mois de Ramadhan, des clients s’en sont plaint au niveau de certaines wilayas, mais très vite les démentis ont étouffé les plaintes et les fautifs ont endossé l’habit de fauteurs. A la veille des fêtes de l’Aïd El-Fitr, le même constat a été fait, élargi à d’autres wilayas. S’agit-il d’une conspiration des usagers contre la Poste? L’éventualité a effleuré les esprits, d’autant plus que les Algériens réagissent au quart de tour à la rumeur, ce qui a pour résultat de provoquer une ruée sur les guichets.Il y a bien eu des efforts pour solutionner le problème. Les P&T ont été divisées par deux, histoire de spécialiser les deux branches et tenter de mieux gérer la situation. Pour pallier l’éternel problème des carnets de chèques, des cartes de paiement ont été mises sur le marché. Le déploiement de distributeurs n’a pas suivi en nombre suffisant, et l’incivisme a fait le reste. Des machines ont été saccagées par des vandales, pour s’amuser, mais d’autres l’ont été par des clients qui ont eu le désagrément de voir leurs cartes «avalées». Retour, donc, à la case départ et tout le monde fera la queue devant les guichets, sauf que les chaînes sont devenues plus longues. Afin de réduire les temps d’attente, on spécialisa les jours de paie. Le problème est que la date des fêtes religieuses ne peut être repoussée, ce qui provoquera des pagailles indescriptibles à l’intérieur des agences, à chaque échéance. Cette fois-ci, pas de doute, il y a un problème de liquidités et la rumeur s’est avérée vraie. L’Administration des Postes prend les devants et accuse la Banque de ne pas jouer son rôle. La Banque se défend en invoquant la masse monétaire qui circule et qui a été multipliée par quatre. Simple déduction: serait-ce le salaire des Algériens qui a été multiplié par quatre ou est-ce le recrutement qui a quadruplé pour justifier la multiplication de la masse en circulation? Car, il est difficile d’imaginer la Poste «dévalisée» par les détenteurs des gros capitaux, puisque cette catégorie de personnels n’attend pas les fins de mois, d’une part, et privilégie le circuit bancaire, plus adapté à leurs besoins. Où se situe, donc, le problème? La loi limite, pourtant, la circulation de l’argent liquide dans le double souci de lutter contre le blanchiment d’argent et la corruption, et pister les mouvements suspects en permettant une traçabilité. Pourquoi alors tant de milliards en liquide dans la nature? Cette polémique entre la Poste et la Banque rappelle une autre qui s’était instaurée entre deux ministères dans la crise de la pomme de terre. Si, dans l’exemple de la patate, les spéculateurs avaient gros à gagner, quels sont les enjeux dans le cas qui nous préoccupe sachant que les deux intervenants sont des acteurs étatiques et que l’argent qui est au centre du problème provient du Trésor et est destiné à des fonctionnaires? A moins qu’en asséchant la masse en circulation, le but inavoué de l’opération est de contraindre les Algériens à utiliser des chèques, ce qui ne sera certainement pas du goût des maquignons. Et des spéculateurs. Miloud Horr
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