Alger - Revue de Presse

H’lal alihoum, H’ram Alina



Les lauriers assassins Les récents attentats perpétrés à Batna et Dellys ont frappé la cible là où elle est censée faire le plus de dégâts, et produire un sureffet médiatique: la Présidence et l’Armée. Deux institutions, symboles de la résistance, qui constituent le dernier rempart contre lequel sont venues se fracasser les vagues meurtrières d’un islamisme conçu pour les pays musulmans. Si dans le premier cas, celui du kamikaze qui s’est faufilé parmi des milliers de personnes venues acclamer leur président, il est aisé de faire un coup d’éclat condamnable et sans gloire; l’attaque de la caserne des gardes-côtes a de quoi inquiéter une opinion internationale prompte à jeter le discrédit sur l’Algérie. D’une part, parce que l’attentat fait le jeu des détracteurs de la Réconciliation, mais également parce qu’il offre la possibilité à ceux qui tirent les ficelles de ce jeu macabre, de se vanter d’avoir frappé «au cœur du système», sans avoir fait de victimes civiles.Peu importe le nombre de militaires tués, de même qu’il importe peu que des civils soient en plus grand nombre parmi les victimes à Dellys; l’important est de faire le plus de bruit possible, tout en déclarant qu’il s’agissait d’une opération purement militaire. Le but est clair: enrober un acte de terrorisme d’un habit qui n’est pas le sien afin de manifester une présence qui se raréfie pour pallier l’insuffisance des troupes. Un acte terroriste est très difficilement décelable du fait qu’il n’y a pas d’activité en surface qui trahisse une préparation en cours. Et, à l’exclusion de la recherche du renseignement préventif, la vigilance demeure la seule parade. C’est, justement, ce qui a fait défaut et qui a conduit à la multiplication des attaques. Le propos n’est pas de jeter la pierre aux marins ciblés par une opération qui a permis à Al Qaïda -qui en a revendiqué la paternité- de se distinguer, et de les accuser de s’être laissés aller à une routine meurtrière, mais d’alerter sur les méfaits des louanges excessives. Vanter, à chaque occasion et sans filet de protection, les prouesses de la Réconciliation et mettre en avant les résultats qu’elle a générés, émousse les réflexes et éteint les veilleuses qui avertissent, par instinct, de l’imminence du danger. Il aura fallu l’attaque du Palais du Gouvernement pour que des spots télévisés et des messages refassent leur apparition afin d’alerter les citoyens que le danger guette. La soif de paix et le désir de refouler, au plus profond de soi, des souvenirs atroces ont dilué le sentiment de peur et fait oublier aux citoyens, absorbés par un quotidien d’une autre nature, la nécessité de se protéger, d’abord et d’alerter, ensuite. Déclarer, depuis des mois et à chaque attaque, que le terrorisme est agonisant, c’est contribuer d’une certaine manière à son retour. Et à pousser les 97,36% d’Algériens qui ont suivi le Président en 2005, à reconsidérer leur confiance en la République. Entretenir le devoir de veille et cultiver, par une action permanente le sentiment du danger relatif, ne diminue en rien la réalité d’une paix réellement retrouvée. A quelques jours de la Journée internationale de la paix, ces actions auront le mérite de déjouer des tentatives sans dénombrer de morts et traduisent un rejet, effectif, du terrorisme.
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