Alger - Revue de Presse

H’lal alihoum, H’ram Alina



Les spéculateurs Ce n’est pas un hasard si la situation actuelle est en train de déboucher sur une impasse. Et ni les prix affichés par la patate, ni les insaisissables spéculateurs que l’on dénonce, ne sont le produit d’une génération spontanée. Pire, on feint de s’alarmer devant l’imminence d’échéances sociales éprouvantes, alors que rentrée scolaire et Ramadhan font partie d’un cycle temporel prévisible des décennies à l’avance. Les électeurs qui avaient boudé les urnes, en mai dernier, avaient pourtant donné un signal clair confirmé par la recrudescence des actes terroristes, et la drogue n’est plus vendue en doses évaluées en grammes, mais par quintaux qui circulent en plein jour dans des cités suffisamment quadrillées par les services de sécurité. La déroute de l’école, la marginalisation des compétences qui a incité notre jeunesse à fuir le pays, et la prolifération de la petite corruption -et sa généralisation à pratiquement toutes les institutions qui ont quelque chose à monnayer- a contribué à instaurer un climat malsain, plus nocif que l’insécurité qui frappe les villes d’Algérie. Les gouvernants, obnubilés par des résultats économiques synonymes de satisfecit de la part des institutions financières mondiales, n’ont d’yeux que pour l’élection du boss du FMI ou de celui de la Banque mondiale qui est devenue plus importante que ce qui se passait sur une scène qui se dégradait et dont les dégâts sont visibles à l’œil nu. Il est indéniable que sur le plan des équilibres, beaucoup a été fait et le paiement de la dette extérieure est un acquis qui n’a pas de valeur, tout autant que la politique menée pour accéder à une paix, désirée par une écrasante majorité d’Algériens. Le fait est que ce sont justement ces millions de «Ghalaba», qui ont porté le fardeau et fourni la chair à canon pour parvenir à ces résultats qui ont permis le retour de l’Algérie sur la scène internationale, qui sont en train de payer ce retour à la stabilité et une bonne santé financière qui ne leur profite pas. Mieux, ce seront ceux qui ont osé, en pillant les banques par centaines de milliards et en usant de trafic d’influence qui ont récolté de gros dividendes, alors qu’il leur était prédit les pires des sanctions. Qui sont ces spéculateurs dont parlent ministres et chefs de gouvernement, sans pour autant les désigner clairement et les jeter en prison, puisque la loi le permet et que l’Etat de droit l’exige? Des fantômes qui font des transactions outre-tombe ou des personnes bien en chair qui possèdent des moyens parfois supérieurs à ceux d’une APC et qui ne se gênent pas pour afficher une insolente aisance? La bonne gouvernance a des règles et exige des résultats palpables. Ce ne sera pas en promettant des augmentations -impératives et vitales- mais que l’on différera, que l’on parviendra à un équilibre social et à une justice une et juste, alors que l’on tolère des envolées des prix sans prendre les mesures qui s’imposent. Quatre mois pour appliquer les nouvelles grilles seront quatre mois de trop. Quand il y a urgence, il y a action. Hypothéquer les résultats de la Bipartite en la subordonnant à la bonne volonté du Président, c’est déjà faire de la spéculation.
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