Alger - Revue de Presse

H’lal alihoum, H’ram Alina



L’important est de résister Outre les assurances qui lui sont données, concernant et la dispo-nibilité et les prix de certains produits de large consommation, le citoyen aura retenu deux étapes clés dans le discours du chef du Gouvernement de lundi. La première concerne son portefeuille, avec l’élaboration de la nouvelle grille des salaires et la seconde, l’avenir de ses enfants avec la mise en place d’une formation professionnelle à la carte. Une nouveauté dans le discours qui donne beaucoup plus de lisibilité au travailleur qui ne sait plus où il en est et qui préfèrerait, échaudé qu’il est par les promesses d’augmentations, que ses dirigeants ne fassent pas autant de bruit autour d’une question qui ne fera que le fragiliser davantage et qui érodera son pouvoir d’achat. Belkhadem a promis que les augmentations pourraient être effectives, dès janvier prochain, si les textes sont pris. Il a précisé qu’une bipartite est prévue avec la centrale syndicale, début septembre, et que les résultats qui en découleront seront soumis au Conseil du Gouvernement, passeront en Conseil des Ministres, avant d’être présentés à la signature du Premier Magistrat. En chef de Gouvernement avisé, Belkhadem se donne ainsi le temps de traverser le plus gros de la tempête sociale à venir, et se ménage une marge de manœuvre confortable en se retranchant derrière un intervalle de temps calculé avec précision. Ce qui lui permettra de tenir en laisse, jusqu’à la nouvelle année, syndicats et travailleurs. En attendant, le citoyen enchaînera, sans répit, sur les dépenses. L’OPGI, la Sonelgaz et l’ADE le lessiveront avant même le début d’une rentrée scolaire brûlante. Sans transition, et en espérant arriver à janvier, le père de famille consommera ce qui lui restera d’économies pour boucler un mois de Ramadhan qui «promet», s’effilochera les fonds de poches afin de fêter un ersatz d’Aïd El-Fitr, pour enfin se saigner avant d’espérer égorger un hypothétique mouton. Quand janvier arrivera, et que les augmentations seront appliquées, les mesures que vient d’annoncer le chef du Gouvernement seront caduques. Le motif pour décharger l’Etat de ses promesses de subvention sera tout trouvé: le pouvoir d’achat des Algériens a grimpé. Un cycle infernal qui donnera, à ces spéculateurs que l’Etat n’arrive pas à identifier, l’occasion d’augmenter les prix d’autres produits et de créer des tensions que le Comité ad hoc de veille et de suivi des prix n’aura pas vu venir. L’histoire recommencera, et ce sera sans doute El basla, pourquoi pas, ou le litre d’eau qui coûtera autant que la patate ou le lait. Si les bouleversements, prévisibles du fait d’une sortie de crise qui avait aggravé les conditions de vie des Algériens, nécessitent des moyens financiers énormes, il demeure que la gestion du pouvoir d’achat est en décalage avec des pratiques tolérées au nom du sacro-saint principe qui commande de parer à l’urgence. Une pratique à laquelle le Gouvernement devrait remédier, en mettant à profit ce répit inespéré, pour mettre en place des mécanismes durables et protégés qui sauront doter le travailleur d’un pouvoir d’achat qui le mettra à l’abri de la dépendance des fluctuations du marché international. Si, bien sûr, la bipartite aura solutionné le cas des 35 catégories d’échelles restantes conditionnant les mises en œuvre promises pour janvier.
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