Alger - Revue de Presse

H’lal alihoum, H’ram Alina



Le rouge est mis On savait le secteur de la Santé «malade», mais pas au point de dépêcher, à chaque alerte, une équipe d’Alger. A la mystérieuse maladie survenue dans la région de Sidi Bel-Abbès, qui a vu l’hospitalisation d’une soixantaine de malades, a succédé une autre dans la wilaya de Djelfa. Des cas de typhoïde. Dans les deux cas, et après coup, les responsables locaux ont tenté de relativiser la gravité de la situation, probablement pour se rattraper, quand ils n’ont pas déclaré qu’il n’y avait pas de quoi «fouetter un chat». Ce qui n’est, sans doute, pas l’avis des malades qui paniquaient à la vue de nouveaux cas qui affluaient.Aux intoxications, qui se sont multipliées ces derniers temps, se sont superposés des cas de MTH. Des maladies prévisibles, certes, dans un pays à climat chaud comme le nôtre et en période estivale de surcroît, mais qui ne devraient pas être aussi mystérieuses pour un médecin qui a suivi normalement ses cours à la fac. Là où le bât blesse, cependant, c’est quand des spécialistes recommandent aux consommateurs de laver les fruits et légumes, de bien se rincer les mains, et d’éviter de manger dans des endroits douteux. A croire que l’eau coule à flots dans nos robinets, que les fruits et légumes sont en surabondance et à des prix défiant toute concurrence, et que le commun des mortels dans un pays comme l’Algérie -aussi sous-développé, fut-il- ne sait pas que le premier réflexe, avant de consommer, est de se laver les mains, à plus forte raison quand ces dernières ont été en contact avec des matières fécales! La seule chose que ces experts en matière de santé oublient est le fait que c’est le manque d’eau, justement, qui a conduit à ces situations tragi-comiques. Situations aggravées par la rupture de la chaîne de froid causée par les fréquentes coupures d’électricité qui font que la qualité des aliments conservés dans le réfrigérateur se dégrade, sans que les traces de cette détérioration soient visibles. Face à ce constat alarmant, conjugué à la chute du pouvoir d’achat qui conduit les citoyens à acheter des denrées au plus bas prix possible, sans se soucier de la qualité, quels choix sont-ils offerts aux populations, et surtout quelles protections peuvent-ils réclamer d’un circuit commercial débridé, théoriquement balisé par des garde-fous, mais livré à la loi d’aventuriers sans scrupules et sans morale, en pratique? Le ministre du Travail et de la Sécurité sociale, qui s’était illustré par des propos en contradiction avec ce qui se passe dans l’arène, son collègue de la Solidarité qui avait affirmé que le chômage avait reculé, tout comme les ministres de l’Agriculture, la Pêche et le Commerce, des secteurs qui touchent directement et au portefeuille et au tube digestif des Algériens, n’ont-ils pas une part de responsabilité dans ce qui nous arrive? Le propos n’est pas d’incriminer l’un ou l’autre de ces hauts responsables dans une situation qu’il faut prendre très au sérieux, mais de s’interroger sur l’efficacité de l’action gouvernementale qui se réclame du programme du président de la République. Car, si les indicateurs économiques sont au vert, ceux du volet social sont au rouge depuis un bon bout de temps déjà.
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