Les solutions faciles
Quarante tonnes de corail ont été saisies récemment dans l’est du pays, ce qui pourrait laisser penser que des quantités plus importantes réussissent à passer les contrôles, à l’instar d’autres richesses qui continuent d’être pillées, sans que l’on s’en émeuve outre mesure. L’Algérie, qui détient les plus grandes réserves, a décidé d’arrêter l’exploitation de cet animal marin qui ne croît que de deux millimètres par an, mais qui vaut une fortune: entre 800 et 1.500 euros le kilogramme, soit près de 60 millions d’euros pour la seule prise évoquée. De quoi aiguiser bien des appétits. Ceux des pêcheurs clandestins, évidemment, mais également ceux des autorités chargées de faire respecter l’interdiction. Face à cette situation, les marins pêcheurs, regroupés en association, ont tiré la sonnette d’alarme et ont proposé que le contrôle de cette activité, plus que juteuse, soit confié à la Police.Si la suggestion dénote tout l’intérêt que cette corporation porte à ce secteur, d’autant plus que la réouverture de la pêche est prévue pour l’année prochaine, charger la police de pourchasser trafiquants et contrevenants n’est pas la meilleure des idées. D’une part parce que ce corps n’est, probablement, pas préparé à ce type d’activité qui requiert et des moyens et des lois spécifiques, mais également parce qu’il s’agit de décider pour que tout rentre dans l’ordre. L’anarchie qui règne dans nos cités avait conduit à la création d’une police de proximité. Les étals des commerçants qui s’étendent bien au-delà des limites des boutiques, squattant illégalement une partie sinon la totalité du trottoir; le linge que l’on continue à étendre sur les balcons, et les gardiens improvisés qui rackettent les automobilistes au su et au vu de tout le monde, sont là pour prouver la faiblesse de rendement de ce nouveau «service». Le propos n’est pas de clouer au pilori un corps de sécurité qui a des missions bien précises, et qu’il ne s’agit pas de corrompre par l’injection de nouvelles tâches qui l’éloigneront de ses objectifs, car à force de se décharger sur autrui (Police ou Gendarmerie), on épuise ses capacités d’intervention et on diminue son efficacité. Un simple coup d’œil sur les commissariats du pays renseigne sur les moyens primitifs utilisés. Des machines à écrire qui feraient le bonheur des musées, des véhicules qui ne répondent plus aux normes d’exploitation, un retard considérable sur la technologie de bureau et des effectifs saturés mais qui interviennent malgré tout sur un périmètre qui nécessiterait plus de moyens humains et matériels.
Si une richesse est pillée, une de plus, c’est parce qu’il y a vide (prémédité?) en la matière, et disperser les moyens de l’Etat ne fera qu’aggraver cette carence. Le spectacle d’automobilistes qui commettent des infractions, semant la mort, et l’arrogance des commerçants qui s’approprient la voie publique -chassant les piétons et les livrant aux chauffards- sont des exemples édifiants. Ne reprochons plus aux piétons leur manque de civisme ni aux policiers leur laxisme. Aux responsables, qui jouissent de privilèges, de trouver les (bonnes) solutions.
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Posté par : sofiane
Source : www.voix-oranie.com