Alger - Revue de Presse

H’lal alihoum, H’ram Alina



L’évidence est-elle imperceptible? Joignant le geste à la parole, suite à la conférence de presse qu’il donna pour rassurer les consommateurs sur le maintien et la poursuite des subventions pour le lait et le pain, et la recherche de solutions pour abaisser le prix de la pomme de terre qui a atteint des seuils impensables, El Hachemi Djaâboub s’est déplacé, hier, dans la wilaya de Tipasa pour s’enquérir de l’avancement des travaux de quatre marché couverts, d’une valeur de 1,5 milliards de centimes l’unité, et qui devraient être réceptionnés avant le début du mois de ramadhan. Le ministre du Commerce a précisé que les réalisations évoquées allaient contribuer à la résorption du marché parallèle, à la relance de l’activité par la création de postes de travail et assurer un commerce contrôlable. Une belle profession de foi qui a toutes les chances de maintenir, sinon de concourir à une nouvelle flambée des prix. En donnant prétexte aux nouveaux acquéreurs de stands qui argueront d’une charge locative qu’ils répercuteront sur les prix des fruits et légumes, ainsi qu’un impôt même forfaitaire, mais surtout parce que la résorption du commerce informel est une chimère. Comment imaginer, un seul instant, que le citoyen puisse acheter à des prix abordables des produits qui ont toutes les raisons d’être corrigés à la hausse, alors qu’il n’était pas, déjà, en mesure de remplir la moitié d’un couffin en produits (presque) non comestibles sans les charges citées? De quelle résorption du marché informel s’agit-il? En dispersant, définitivement, les commerces qui obstruent toutes les «M’dina J’dida» du pays, en chassant à jamais les marchands qui exercent à la sauvette et qui font mine de détaler à la vue d’un policier ou en fermant des petites manufactures qui opèrent, déjà, portes fermées et fenêtres closes, soit la mort d’un secteur qui emplie 60% -au moins- des Algériens ou qui les aide à boucler leurs fins de mois? Si l’Etat a les moyens d’apurer le secteur informel, ce lifting aura un prix très (très) élevé. En dollars, certes, mais surtout en payant une fracture sociale si dramatique qu’elle replongera l’Algérie dans une violence que personne ne pourra juguler. Parce que les acteurs ne seront pas, cette fois-ci, des terroristes que les forces de sécurité iront chercher dans les maquis, mais des citoyens qui n’auront commis aucune «infraction» et qui pourraient penser que les décideurs n’agissent que pour aider des entreprises étrangères à s’installer, qui réaliseront des bénéfices et repartiront sans produire de richesses et sans avoir à transférer un quelconque transfert de technologie, tout en se remplissant les poches. Le raisonnement est certes simpliste, mais combien proche de la réalité. Si la construction de marchés couverts contribuera à améliorer qualitativement l’environnement et trouver un job à quelques jeunes bien introduits, elle ne fera, en revanche, jamais baisser les prix. Tout comme le maintien des prix actuels du lait (25 dinars) ne servira qu’à produire un lait de qualité médiocre, à la limite de la nocivité. Face à cette situation complexe et simple à la fois, les Algériens sont en droit de se demander pourquoi l’on s’évertue à trouver une alternative alors que la solution est évidente.
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