Alger - Revue de Presse

H’lal alihoum, H’ram Alina



La recherche scientifique existe-t-elle?Rachid Haraoubia vient de rendre publique une décision augmentant la prime de rendement des enseignants du supérieur qui passe de 10 à 20%. Le ministre a exprimé sa satisfaction, en ajoutant que la question des revendications salariales a été réglée dans le cadre de la bipartite qui avait décidé l’augmentation des salaires le mois passé, et assuré que le problème des logements a été quasiment résolu. Bonnes nouvelles pour les élites du pays qui sortent, un peu du ghetto. Bonnes nouvelles, également pour les Algériens qui sont contents que des compatriotes -qui ont étudié des années durant et choisi de tourner le dos au chant des sirènes- obtiennent gain de cause et peuvent, enfin, prétendre à un peu plus de considération que des marchands de cacahuètes. Ne parlons, cependant, pas des étudiants -ceux qui sont en fin de cycle- car ils ne se sentent pas concernés par ces mesures, tout déçus qu’ils sont d’attendre septembre pour passer leurs examens.Si, à tout prendre, l’ambiance est bonne, il reste que l’université ne joue pas son rôle dans le développement du pays. Partout à travers le tissu universitaire, les préoccupations sont les mêmes et tournent autour de revendications matérielles. Le ministère de l’Enseignement supérieur qui est également le ministre de la Recherche scientifique n’a jamais fait état de «trouvaille» scientifique digne de ce nom qui conforterait les grévistes dans leurs démarches. Serait-ce dû au fait que certains cercles ne désirent pas que les chercheurs algériens émergent et permettent au pays d’avoir une envergure respectable, comme pour Kamel Sanhadji qui vient de recevoir une distinction à Paris? L’incurie des gouvernants successifs aurait-elle gelé les cerveaux de nos docteurs et autres professeurs qui n’arrivent pas à dépasser le cercle du tube digestif, tout occupés qu’ils sont à courir derrière une baguette de pain ou un bidon d’eau ou est-ce la hiérarchie qui étouffe la voix de futurs génies? Existe-t-il un plan de charges de recherche et des objectifs à atteindre ou se contenterait-on de la routine et de gérer des grèves? Si l’on devait se référer aux déclarations d’étudiants qui sont sur le point de présenter un projet, l’encadrement universitaire est totalement démobilisé de ce côté et laisse l’étudiant livré à lui-même. Un élève qui fait du re-writing en se rabattant sur les recherches de ses camarades qui l’ont précédé et le Net. Le propos n’est pas de remettre en cause l’augmentation de la prime de rendement -qui n’est qu’une ruse pour contourner les résultats de la bipartite et toucher des salaires précis- mais de guider réellement la recherche, tracer une feuille de route pour l’encadreur et mettre en place un dispositif pour voir quel est son rendement effectif.
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