Alger - A la une

Guerre diplomatique entre Alger et Rabat



Les faits étaient prévisibles. La 73e session de l'ONU qui se tient actuellement à New York s'est transformée en véritable terrain de conflit où s'affrontent deux visions opposées pour le règlement du dossier du Sahara Occidental. Il fallait s'y attendre, le Maroc a violemment attaqué l'Algérie sur le sujet et pourrait multiplier les incidents à en croire les habitués de ce genre d'évènements.Abla Cherif - Alger (Le Soir) - Cette attaque est venue du chef du gouvernement marocain qui assistait à la session en qualité de représentant du roi. Lors d'une prise de parole, il a accusé l'Algérie d'être totalement responsable du conflit du Sahara Occidental et de la «situation» dans laquelle se trouvent les réfugiés sahraouis à Tindouf. Du haut de la tribune, il a appelé «la communauté internationale à assumer pleinement sa responsabilité en autorisant le HCR (Haut-Commissariat aux réfugiés) à enregistrer et recenser cette population (?) et à trouver une solution durable au problème». Ces propos reflètent uniquement la partie visible de la véritable guerre diplomatique à laquelle se livre la délégation marocaine à New- York puisque cette dernière s'est investie corps et âme dans une opération visant à faire rallier un maximum de pays présents à un projet qui lui tient à coeur : contraindre l'Algérie à accepter de négocier directement avec le Maroc pour tenter de désamorcer le vieux conflit sahraoui. Pour ce faire, toutes les méthodes, souvent peu diplomatiques, sont mises à l'œuvre : pressions sur les Etats africains n'adhérant pas à la stratégie du pays, lobbying auprès des représentants des nations pouvant influer sur la représentation permanente du Conseil de sécurité entre les mains duquel demeure la décision finale pour tout projet. Dans cette entreprise, il peut compter sur des soutiens solides. La France milite de plus en plus ouvertement pour une solution négociée entre Alger et Rabat alors que les monarchies du Golfe, toutes alignées sur les positions de Riyad, contribuent à la démarche tout en 'uvrant pour tenter d'arracher une éventuelle rencontre entre Mohammed VI et Trump. Une telle entrevue est perçue comme étant une carte à jouer d'une extrême importance pour la partie marocaine dans le dossier lui-même mais aussi auprès de son opinion interne lasse des échecs répétés de sa diplomatie. Toutes les tentatives d'obtenir au roi un rendez- vous avec le président américain échouent cependant depuis de longs mois. Même un rendez-vous informel, annoncé avec persistance dans la presse marocaine en 2017, n'avait pu se dérouler en raison de la persistance à refuser de rencontrer Mohammed VI. Les Saoudiens ne désespèrent pas cependant d'obtenir gain cause et poursuivent leur travail dans l'ombre. Pour l'heure, très peu d'éléments militent en faveur d'un succès d'une telle entreprise. Trump a fort à faire avec la «sortie» du président français qui a fait fureur à l'ONU en s'opposant à la vision du président américain pour la résolution des gros conflits dans le monde. La délégation algérienne demeure quant à elle attachée à sa vision constante sur la manière dont doit être géré le conflit : organiser un référendum de détermination sur la base des résolutions des Nations-Unies.
A. C.
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